Un voyage accidenté

Tout a commencé le mercredi 6 mars 2019. Ils ont frappé à ma porte, péril imminent, quelques minutes pour rassembler ma vie. Les 1523 jours qui suivront seront mon voyage accidentel. Ce livre, carnet de bord d’après le 5 novembre, raconte une histoire sans maison et parfois sans raison. De cette errance, de cette perte…

L’hiver est là

Le soleil d’hier en nos cœurs décroît,L’herbe se fane.Flocons légers dans le vent froid,Voici qu’il neige. Au long des canaux étroits l’eau se fige,Devient glace.Rien ici, je le sais bien, n’arrive –Oh jamais ! Sur le ciel qui est vide un saule étendSon éventail.Mieux valait peut-être que je ne sois pasVotre femme. Le soleil d’hier…

Contre-vie

j’écris pour tuer le tempsles matins gris où tout crissedans la lumière dégueulasseles après-midi encagésparquet mouluresle cochon d’Indele poisson rouge j’écris comme je marchedans les rues au hasardsur les sentiers à l’équerrele long des façadessous le ciel gorgé d’oiseauxet passent les heuresprises dans les sablesen attendantles grands maréesles mortes-eauxun équinoxe j’écris comme je fumeles yeux…

Marche à voix basse

le matin les religieusesentraient dans le dortoirenquête d’une coupabletoute trouvée j’avais du mal avec les règlesj’avais déjà les miennesles autres fillesleur regard savait mentirpas moi Nelly DesmaraisMarche à voix basseEd Le Quartanier. 2022

plus encore

Il fait un temps de bourrasques et de cicatricesun temps de séisme et de chute Les promesses tombentcomme des vaguessur aucune riveles oiseaux demandent refugeà la terre ravagéenos jardins éteintsentre l’odeur de rose et de lavande il fait un temps de verre éclatéd’écrans morts    de nord perduun temps de pourquoi    de comment tout un siècle…

Plus haut que les flammes

tu lui prêtesta plume car il faut des motsà mourir de plaisir des mots pour les yeuxplus brillants qu’un matin de mermêlée au sable des châteaux et des livres qui crachentdes dragonsaux flammes tranquilles c’est ici la grâce du soir et il te reste tant de brebisà compter tu t’appliques à les compterune à unel’enfant…

Polo Kouman

Je vois l’endroit de ta naissance, au bord de l’eau Les vagues, toujours sur le point d’inonder le terrain. Ta dispute avec la lagune est vieille; celui qui vous séparera n’est pas encore né. La pluie s’est ajoutée à la lagune, et le terrain où se tient tant bien que mal la bicoque de tes…