Amine, mon fils trisomique

Écorce d’un fruit rare, Il est le fruit de toutes les saisons Qui réchauffe nos hivers par sentences d’amour Une liberté qui nous ravage et nous étonne. S’il est imprévu c’est qu’il est un soleil sans caprice Dans un ciel trop clair pour nos yeux Il déborde de douceur qui embrase nos sentiments On dit…

La Grande Villa

Je pense grenouille et, appliquée, je me déploie, mes jambes s’ouvrent – je m’étire, je pousse et je glisse. Je m’étire, je pousse et je glisse, et la force et la lenteur ensemble disent quelque chose de la justesse. Faire lentement pour faire juste, comme quand je parle je cherche le mot qui rarement me vient…

Aube

Le soleil qui court sur le monde J’en suis certain comme de toi Le soleil met la terre au monde Un sourire au-dessus des nuits Sur le visage dépouillé D’une dormeuse rêvant d’aube Le grand mystère du plaisir Cet étrange tournoi de brumes Qui nous enlève ciel et terre Mais qui nous laisse l’un à…

La déclaration des poètes

Les poètes déclarent: Ni orpheline, ni sans effets, aucune douleur n’a de frontières ! Les poètes déclarent que dans l’indéfini de l’univers se tient l’énigme de notre monde, que dans cette énigme se tient le mystère du vivant, que dans ce mystère palpite la poésie des hommes : pas un ne saurait se voir dépossédé…

+12

Chaque année je me demande Comment écrire Autrement Plus véritablement encore Depuis cette même chose   Périodique de la mort Plutôt la vie Qui revient – et mieux même Que les saisons Continuelles   Pas de dérèglement climatique Sur le souvenir si vivant De toi vibrant Avec Cette utopie – effrénée  Putain d’énergie positive !…

Les Indes

Chant premier VIII Chacun vit que l’Océan faisait commerce de soi-même, à l’autre plage de la vie. Qu’il était riche de manguiers, de soies, d’épices, de venelles (Mais où était l’épice, et où était la soie, tu le demandes maintenant ?) Et chacun s’écria que l’océan est force dure, qui s’éprouve, impure, et se nourrit…