Poèmes de la brèche

C’est l’automne les rues saignentj’aime l’odeur âcredes feuilles mortes que la pluie a mouilléesdes châtaignes et de la terre Je dois prendre mon quartIl doit prendre son quartelle doit prendre son quartet toi aussi Des gens marchent dans les rueset tient, nettoyant la villecomme on fait des vieilles chaussuresaprès une randonnée dans les montagnes en…

carnets de murs

quasi murs d’enceinte chaussée bâtiments s’estompent dans l’angle un barrage de contrôle un taxi collectif – une architecture des points de contrôle cubes rouge et blanc des postes militaires en bord de forêts toutes baies largement briques bleues station plateforme frontalière dans l’aménagement d’acier abris large fléché au sol rotonde à volets barrière automatique signalisations…

Parenthèses

tous les philosophes étaient en vérité des chamansautour du feu ils chantaient aux miséreuxdes chants initiatiques, des chants pour survivre toutes les philosophies sont remises en questiondevant les portes d’un camp de filtration russe en ce siècle, toutes les philosophiestombent sur le champ de bataille tout ce que nous créonset tout ce que nous sommesest…

Par elle se blesse

J’écrisMon manqueEt L. murmure dans la pièce d’à côté j’imagine ses motsprécis – pour dire aveugle il dit silence troubléLes miens sont comme une mauvaise herbeA arracher, voyezDans l’allée les marronniers la nuit ne forment qu’une silhouetteUn cortège passe, suivez Ma teinte apache D’autres décident de mon sommeilEt je tourne avec leSoleil dans une plaine…

Entre tes yeux et moi

quand je plonge mes yeux dans les tiensje vois l’aube profondeje vois l’hier ancienje vois ce que j’ignoreet je sens que passe l’universentre tes yeux et moi AdonisPoèmes 1957-1990Gallimard. 1991

2 poèmes immortels

environ 2 poèmes immortels par nuitC’est à peu près tout ce que je m’autoriserai à écrire,C’est juste – il n’y a pas des massesde compétitiondu reste, c’est plus appréciable dese bourrer la gueuleque de tutoyerl’éternité. c’est pour ça que d’avantage de gensachètent de l’alcool quedu Shakespeare… qui ne préfèrerait pas apprendre às’évader par le col…

De monde en monde

chaque moment je recommencele désertje marche chaque douleur un paset j’avancede monde en monde Henri MeschonnicDe monde en mondeArfuyen. 2009

Etel Adnan

le regard multiple des angesme promet des nuits sans ombreset les fragrancesde myrte de l’enfance. j’avais les paupières lourdes commeune arme posée sur la tableil nous fallait revenir de l’écoleet nous fondre dans la mer il y avait chez moi des tempêtes terrifiantes Etel AdnanLe cycle des tilleulsEditions Al Manar. 2012