L’éternité

Elle est retrouvée.Quoi ? – L’Eternité.C’est la mer alléeAvec le soleil. Ame sentinelle,Murmurons l’aveuDe la nuit si nulleEt du jour en feu. Des humains suffrages,Des communs élansLà tu te dégagesEt voles selon. Puisque de vous seules,Braises de satin,Le Devoir s’exhaleSans qu’on dise : enfin. Là pas d’espérance,Nul orietur.Science avec patience,Le supplice est sûr. Elle est retrouvée.Quoi ? –…

saudade

Je regarde de loin le paquebot, dans une grande indépendance d’âme,Et au fond de moi une roue commence à tourner, lentement Les paquebots qui franchissent de mon matin la barre Apportent à mes yeux en euxLe mystère joyeux et triste de qui arrive et part.Ils apportent des souvenir de quais éloignés, d’autres momentsD’une autre façon…

Cantiques

[…]Et les siècles par dix,Et les peuples passés,C’est un profond jadis,Jadis jamais assez ! Sous nos mêmes amoursPlus lourdes que le mondeNous traversons les joursComme une pierre l’onde ! Nous marchons dans le tempsEt nos corps éclatantsOnt des pas ineffablesQui marquent dans les fables… Paul ValéryPoèmes cantiques des Colonnes

Le verso de la musique

Car c’est dans la musique seule que se manifeste ce phénomène extraordinaire : que la loi, qui en tout autre domaine ordonne, se trouve ici suppliante, disponible, infiniment dépendante de nous. Derrière cet écran de sons, le Tout s’approche, -nous sommes d’un côté, et, de l’autre, – séparé de nous par rien qu’un peu d’air…

L’état poétique

L’état poétique est une manière de vivre que certains êtres humains pratiquent spontanément. Mais il peut se conscientiser tel un art de vivre et devenir un mode de connaissance du « réel » et du monde : il suscite alors, vis-à-vis de toutes choses, l’esprit de création. La sublimation poétique est l’élévation à un autre…

Majnun et Layla

Un bruit de pas furtif le fit se retourner. Layla parut au seuil du cercle. Elle avait l’âge des pucelles qui croient leurs battements de cœur accordés à la vie qui vient. Son âme était encore simple, son corps désirable, déjà. Elle attendit, naïve, vive, une amphore vernie serrée contre son ventre. Khays la vit.…

La petite vacance

Aujourd’hui tu es parti En voyage au bout d’un mondeTu as pris ta chanceD’une petite vacance Entre douze et seizeAprès avoir descendu La célèbre avenueOù les canes ont laissé placeA des snacks multicoloresTu es arrivé sur le Port Quand des gabians obèsesSe filaient pour engloutirLes reste de poissonsPréparés par les pêcheursSous l’ombrière en miroirDansaient têtes…

Présence

Je vis dans une attente perpétuelle. Tu viens et le temps glisse comme dans un rêve. C’est quand tu t’en vas que je prends vraiment conscience de ta présence. Et alors il est trop tard. Henry Miller et Anaïs NinCorrespondance passionnée 1932-1953 Stock. 1989