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Chaque année je me demande Comment écrire Autrement Plus véritablement encore Depuis cette même chose   Périodique de la mort Plutôt la vie Qui revient – et mieux même Que les saisons Continuelles   Pas de dérèglement climatique Sur le souvenir si vivant De toi vibrant Avec Cette utopie – effrénée  Putain d’énergie positive !…

nulle part

Il n’y a plus de ligne droite ni de route éclairée avec un être qui nous a quittés. Où s’étourdit notre affection ? Cerne après cerne, s’il approche c’est pour aussitôt s’enfouir. Son visage parfois vient s’appliquer contre le nôtre, ne produisant qu’un éclair glacé. Le jour qui allongeait le bonheur entre lui et nous…

Correspondance

La Voie lactée plongeait dans la vallée et rejoignait la buée lumineuse qui montait des villages. On ne savait plus ce qui était étoile ou lumière des hommes. Il y avait des villages dans le ciel et des constellations dans la montagne. La nuit était si belle, si vaste, si parfumée qu’on se sentait un…

A l’écart

Être à l’écart dispense également de trop mesurer ou saisir, tout comme le sentiment d’appartenance à un lieu vous préserve du sentiment de possession ou du soi-disant instinct grégaire de propriété. On a sans doute davantage besoin d’espace mental dans le maelström turbulent du monde. Dépourvu de magie, de féerie, ce flux et reflux continu…

Steppes Kazakhes

J’avance avec l’espoir que le kilomètre suivant me réservera  une heureuse surprise. Ou que la minute d’après apportera quelque changement. Ou même que le fil d’une idée me viendra, égayant la tapisserie de mes pensées. Mais rien ne varie jamais  sous mon ciel. Le vent, la steppe, les kilomètres… Je suis piégé dans la répétition…

Chienne de ville

Sept heures était l’heure où dans toute la ville on promenait les chiens, l’heure où des hordes d’individus d’apparence autonome, encore vêtus de divers accoutrements professionnels, se précipitaient hors de leurs immeubles en copropriété remorqués par des laisses raides comme des cordes de skieurs nautiques, à l’autre bout desquelles, tirant comme des moteurs à poils,…

Art

Mon ami Serge a acheté un tableau. C’est une toile d’environ un mètre soixante sur un mètre vingt. Le fond est blanc et si l’on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. – Mais j’étais bien obligé de lui dire que cette toile,…