H.P.Lovecraft

Une fois franchies les portes du sommeil où des goules montent la garde,Franchis les abysses nocturnes où la lune pâlit,J’ai vécu des vie innombrables,J’ai sondé toutes choses du regard;Avant que l’aube vienne, je lutte, je crie, rendu fou par l’effroi. Avec la terre j’ai été pris dans la tourmente au crépuscule,Quand le ciel était une…

jeu d’être

l’écusson de la pierre est ondequi bouge et vibre au fond du ventreles côtés des corps que touche le vent-presque nus sous le voile des étoffessur les autres côtes des étoffesagités par le vent se déploient-parfaitement dans l’air il faut prendregarde dans ce souffle du ventà ce que le geste d’étoffe-ne se fassent pas contre…

Paul Auster

30 avril Mon chéri est mort aujourd’hui à 18 h 58. Nous avons joué pour lui la musique de Sophie. Nous avons joué « Hold On » [« Tiens bon »] de Tom Waits. Il ne pouvait plus tenir bon. Kettlie a dit, il peut vous entendre. Parlez-lui. J’ai pris son visage dans mes mains.…

Coltrane

je ne cherche jamais de    raccourcis    je dilate le temps    démesurément    je tourne sans répit    autour de mon propre soleil    voyageur vers l’éternité    voyageur    vers d’autres vies    sans cesse ramené à la surface    par la spirale même    qui vient de m’engloutir    la spirale    qui me ramène    à l’infini central Zeno BianuJohn Coltrane – MéditationLe Castor Astral.2017

Montagne de printemps, nuit de lune

La montagne de printemps déborde d’instants parfaits.Jouons jusqu’à la nuit dans l’oubli du retour !Je puise de l’eau – la lune à mes mains se love ;Je taquine les fleurs – leurs senteurs m’inondent.  La joie efface le proche et le lointain.Comment partir, prisonnier des parfums ?Au Sud, quand la cloche frémit,Les terrasses glissent dans…

Rideaux

Souricières de l’âme après extinction du calorifèreblanc méridien des sacrementsBielle du navireRadeauJolies algues échouées il y en a de toutes couleursFrissons en rentrant le soirDeux têtes comme les plateaux d’une balance André BretonLes Champs MagnétiquesGallimard.1968

Pot pourri

chaque lettre est un placardles mots rebattus interditslaisses-les-moi ils me conviennentle temps coule dans ma bouchemonochrome métaphysiqueou mythologie blanchece qui ne va pas sans direautant le répéterchaque lettre est un placard bientôt je bave comme une bêtequi ne veut rien savoirqui en sait trople temps qui passe comme une figuevivaces décombres rhétoriquestoujours à dispositionc’est pourtant…