Frioul

Ce n’est peut-être pas rien ce gestemains ouvertes au bord de l’eauEnfants, nous ramassions des coquillagesAdultes, nous ramasons des plastiquesTout ceux que la mer recracheles rouges, les bleus, les délavésChaque jour, sur chaque bordapparaissent, comme d’un gisement inépuisablebatons de sucettes, cotons-tigesmégots, gobeletssaces et sacs sacs platiquelambeaux infinis, indéchiffrablestuyaux, fils, bords et boutsfilets défaitsUne joie minime…

Poésie

Tu es là présence avec laquelle je parletout à coup, seul a seul. Ce sont les mots qui te forment,ceux qui sortent du silenceet de la mare de rêve dans laquelle je me noielibre jusqu’au réveil. Ta main métalliquedurcit l’usage de ma mainet conduit la plumequi trace sur le papier son littoral. Ta voix, lieu…

rafale de fer

… le train est une rafale de ferqui gifle le panorama et émeut tout Demain tout seraennuagé de tes larmes,et la vie qui arriveest faible comme un souffle … Manuel Maple ArceePoésie Mexicaine – Anthologiesélection Claude BeausoleilEd Le Castor Astral 1989

La vie est bon marché

Avec la caméra fixe je suis restésans ressentir les heures ; du hautd’un hôtel, des têtes, des parcoursbientôt familiers.Le plan s’est rapproché une nuitet des fragments lumineux volaient,de petites figures les ramassaient au solpour les renvoyer vers le haut .Ces jours-là j’ai tout arrêté, il n’y avaitrien d’autre à faire. Les regarder, dévorerdes yeux cet…

en équilibre

Etendu dans l’obscurité, fenêtresouvertes, il respire l’airdes arbres, il voit l’ombreencore plus noire que la chambredes branches du mûrier, et l’étrangelumière qui se diffuse dans le ciel.Lumière de la nuit,équilibre de vérité et de mensonge,courant sans source. Il entendl’égouttement léger de l’eau dans le canal,tellement rare depuis des années.Il entend ce qu’il sait et ce…

Les cendres de Gramsci

Elle est la plus pure, dans sa tranquilleterreur – quand les soirs désormais profondstremblent aux derniers bruissements, poétiques de simple vie – la rencontre des gouttièresurbaines avec l’obscurité du ciel,Et les murs pâlis, lels pates-bandes infécondes, les maigres corniches, dans le mystèredu cosmos qui les imbibe, familieret gai fondent la lueur. Mais ce soir une…