After siesta

A me voir éveillé, je me rends compteque j’avais enfin dormi,je ne sais combien de minutes. La gratitudeest la même, et je peux maintenantfermer les yeux, ressentirle repos, le repos seulement et nonles jambes ni la position du couni la crainte de l’heure. Ca ne gêne pas,la lumière, le soir semble possible,le corps, commentsavoir ce…

Les chemins

Chaque cheminnous éloignenous rapprochede la villeou du largedu jour qui vientde l’horizon qui s’étirede la possibilité d’une calanqued’une solitude lented’une rêverie pailletéeMais que font donc ici ces mursdes forts, renforts, contrefortsces bunkers ?Quelle est cette guerrequi ne semble ne jamais finir ? Ramona BàdescuLes mains ouvertesFrioul FrioulEd. Le port a jauni.2026

Madame Rimbaud

Dans les Ardennes à Roche, madame Rimbaud a mauvaise répétition auprès de ses voisins fermiers. Ne l’a-t-on pas surprise en pleine nuit, déplaçant des piquets bornant ses terres ? Son fils Arthur a choisi un autre moyen de s’agrandir : non pas déplacer les bornes, mais les franchir. Faire reculer les limites de la langue,…

Frioul

Ce n’est peut-être pas rien ce gestemains ouvertes au bord de l’eauEnfants, nous ramassions des coquillagesAdultes, nous ramasons des plastiquesTout ceux que la mer recracheles rouges, les bleus, les délavésChaque jour, sur chaque bordapparaissent, comme d’un gisement inépuisablebatons de sucettes, cotons-tigesmégots, gobeletssaces et sacs sacs platiquelambeaux infinis, indéchiffrablestuyaux, fils, bords et boutsfilets défaitsUne joie minime…

Poésie

Tu es là présence avec laquelle je parletout à coup, seul a seul. Ce sont les mots qui te forment,ceux qui sortent du silenceet de la mare de rêve dans laquelle je me noielibre jusqu’au réveil. Ta main métalliquedurcit l’usage de ma mainet conduit la plumequi trace sur le papier son littoral. Ta voix, lieu…

rafale de fer

… le train est une rafale de ferqui gifle le panorama et émeut tout Demain tout seraennuagé de tes larmes,et la vie qui arriveest faible comme un souffle … Manuel Maple ArceePoésie Mexicaine – Anthologiesélection Claude BeausoleilEd Le Castor Astral 1989

La vie est bon marché

Avec la caméra fixe je suis restésans ressentir les heures ; du hautd’un hôtel, des têtes, des parcoursbientôt familiers.Le plan s’est rapproché une nuitet des fragments lumineux volaient,de petites figures les ramassaient au solpour les renvoyer vers le haut .Ces jours-là j’ai tout arrêté, il n’y avaitrien d’autre à faire. Les regarder, dévorerdes yeux cet…