KAFKA SUR LE RIVAGE

(…) je retourne dans la chambre, j’allume la stéréo et mets Kafka sur le rivage sur la platine. J’abaisse l’aiguille sur le disque, et j’écoute la chanson, tout en lisant les paroles sur la pochette. Tu es assis au bord du monde,et moi dans un cratère éteint.Debout dans l’ombre de la porte,il y a des…

Pars vite et reviens tard

Les types, à Paris, marchent beaucoup plus vite qu’au Guilvinec, Joss l’avait constaté depuis longtemps. Chaque matin, les piétons s’écoulaient par l’avenue du MAine à la vitesse de 3 noeuds. Ce lundi, Joss filait presque les trois noeuds et demi, s’efforçant de rattraper un retard de vingt minutes. En raison du marc de café qui…

Aube

Les chants d’oiseaux extatiques martèlentla creuse immensité du cieldans un cliquetis métallique –fouettant la couleurdans le lointain, – fouettant, fouettantavec une ardeur croissante, triomphante –l’excitant, l’échauffant,éveillant en elle un changement irradiant, explosant sauvagement contre elle tandis que,scindant l’horizon, un lourd soleilse soulève – est soulevé –petit à petit au dessus de l’oréedes choses, – déboule…

Kery James

… Puis l’école contre la rue, peu à peu j’ai échangéSont arrivés les premiers jointsDu lycée, j’ai pris congéJ’étais de ces gosses qui auraient pu réussirMais légèrement trop féroce pour que le système puisse me contenirIssu des blocs de béton, la rue m’attendait au tournantElle m’avait toujours guetté, mais jusque-là je l’avais feintéeEt avant que…

L’orme de Camperdown

Nos enfants n’ont pas l’intention deLeurs jours sont comptés, les luciolesLes tuer quand ils entourentLes corps mous, la musiqueLégère adoucit les traitsComme un solvant douxAdoucit l’acrylique, qui jaunit avec le temps La vieille habitude de la conscienceAprès une tempête la lumièreJ’ai fini par me sentir à l’aise d’attribuerDes traits, l’orme de CamperdownParce qu’il a été…

C’est un secret

paramétrage pour la pensée troubléede survoler à volonté dans un fauteuil réglable la baiedes anges celle des cochons pas moinsque de se remettre une goutte dans les yeux pour éteindrel’écran pareillement de reconnaître à son ourlet le coupletvagabond arrimer le scooter du laveur de cirrusformant troupeaux triés serrés au gré de leurs tableursquand la prairie…

Gaza encore

à des milliers milliers de kilomètres____ des immeubless’effondrent sur les Vivants comme châteaux de cartes à chaque explosion la maison vibre____vont-ils débarquerchez moi brandissant documents portant sceau divin comme si Dieu était un mogul de l’immobilier gérantdu haut du ciel un réseau baptisé Colony aurais tant voulu parler de choses bonnes & bellesprintemps éclatant____lilas &…

Carver

Quelle sale nuit ! Pas de rêves du tout,ou alors un rêve qui peut aussi bien être ou n’être pasun rêve annonciateur de deuil. Hier soir je suis abandonnésans un mot sur une route de campagne.Une maison dont les hauteurs brille d’une lumièrepas plus grosse qu’une étoile.Mais j’ai peur d’y aller, et je passe mon…