La vie est bon marché

Avec la caméra fixe je suis restésans ressentir les heures ; du hautd’un hôtel, des têtes, des parcoursbientôt familiers.Le plan s’est rapproché une nuitet des fragments lumineux volaient,de petites figures les ramassaient au solpour les renvoyer vers le haut .Ces jours-là j’ai tout arrêté, il n’y avaitrien d’autre à faire. Les regarder, dévorerdes yeux cet…

en équilibre

Etendu dans l’obscurité, fenêtresouvertes, il respire l’airdes arbres, il voit l’ombreencore plus noire que la chambredes branches du mûrier, et l’étrangelumière qui se diffuse dans le ciel.Lumière de la nuit,équilibre de vérité et de mensonge,courant sans source. Il entendl’égouttement léger de l’eau dans le canal,tellement rare depuis des années.Il entend ce qu’il sait et ce…

Les cendres de Gramsci

Elle est la plus pure, dans sa tranquilleterreur – quand les soirs désormais profondstremblent aux derniers bruissements, poétiques de simple vie – la rencontre des gouttièresurbaines avec l’obscurité du ciel,Et les murs pâlis, lels pates-bandes infécondes, les maigres corniches, dans le mystèredu cosmos qui les imbibe, familieret gai fondent la lueur. Mais ce soir une…

Amer

Puisque je vis aujourd’huide mon âge la primeur,Je bois le vin, clair rubisqui me donne du bonheur.Ne me blâmez point, amis,que cet amer me soit doux :S’il est amer, voyez-vous,il a le goût de ma vie. Omar KhayyâmVivre te soit bonheur !Gallimard. 2002

Le Hussard

Le Hussard était toujours sur mes genoux. Il fixait les images qui passaient à l’écran, et surtout le curseur de la souris, qui se baladait à droite et à gauche. Il regardait cela sans mot dire, l’air absorbé par le rongeur électronique et les siècles qui défilaient devant lui. Le dit du mistralLe Tripode.2022

L’aventure

Prends garde c’est l’instant où se rompent les diguesC’est l’instant échappé aux processions du tempsOù l’on joue une aurore contre une ,naissance Bats la campagneComme un éclair Répands tes mainsSur un visage sans raisonConnais ce qui n’est pas à ton imageDoute de toiConnais la terre de ton cœurQue germe le feu qui te brûle Que…

Recueillement

Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille.Tu réclamais le soir ; il descend ; le voici:Une atmosphère obscure enveloppe la ville,Aux uns portant la paix, aux autres le souci.Pendant que des mortels la multitude vile,Sous le fouet du plaisir, ce bourreau sans merci,Va cueillir des remords dans la fête servile,Ma douleur, donne-moi la…