Le soleil

Le soleil a oublié de vivrej’écrisseule à la bougie je chanteje parlemes yeux s’endorment au fond de mon regardje martèle et j’appelleseule à la chaise de bois un sourire dérobéje narguedepuis la toute-puissance d’avoir tué déjàet morte encore à peineje heurteme cognant à la briqueheurtant Flora SouchierSortie de routeCambourakis.2025

Les Danaïdes

Heure parenthèse,Les premiers consommateurs de café sont depuis longtempssur leurs échelles ou devant les ordinateurs.Ils ont bu debout, déjà dans leur travail,avec en tête le bruit du moteur et la remarque du chef.Ceux de midi viendront tout à l’heure pour leur apéritif récréation, intermède bruyant.Là, c’est le temps de ceux qui ont le temps, qui…

journal de mort

A l’aube du 7 octobre, à 6h54 précisesNous nous endormons bercés par nos préoccupations quotidiennes: un examen à la fac, l’achat d’une tenue, une candidature incertaine pour un nouvel emploi. Puis , brusquement, tout bascule. Les alarmes changent de ton. Les cours sont suspendus, les examens annulés. Partout, la poudre des armes éclate. Aj-Jazeera passe…

Appalaches

la nuit remuetraverse l’épaisse ténèbredehors un silence pèsederrière la façade vitréeun ours noirpiétine la végétationrepousse les brandesfuit des humainsle confinementet va livre sans entraveconfianten tout lei familierse pavanant au longd’un flanc escarpé de collinecomme si la libertéétait toute entièremaintenantni passéeni pressante Bell HooksElegie des AppalachesEd Les Prouesses 2025Gloria Jean Watkins 2012

La nuit juste avant les forêts

elle aurait pu me chanter n’importe quoi, je ne pouvais plus rien, j’étais d’accord avec tout son de la voix qu’elle devait avoir si elle avant chanté, je cachais qui j’étais, j’adhérais à tout, forces nouvelles, fascistes, royalistes. Occident, tous les chasseurs de rats, tringleurs organisés, entubeurs internationaux, je disais ce qu’elle voulait, je faisais…

Chroniques de l’oiseau à ressort

le train se mit à rouler, mais la lune resta suspendue juste au_dessus de ma tête. Dans les tourments, elle disparaissait pour surgir à nouveau aussitôt après. Je la suivais des yeux et, quand elle restait invisible, regardais par les fenêtres les lumières des petites bourgades que le train traversait. J’imaginais la silhouette de May…