La déclaration des poètes

Les poètes déclarent: Ni orpheline, ni sans effets, aucune douleur n’a de frontières ! Les poètes déclarent que dans l’indéfini de l’univers se tient l’énigme de notre monde, que dans cette énigme se tient le mystère du vivant, que dans ce mystère palpite la poésie des hommes : pas un ne saurait se voir dépossédé…

La mondialité

C’est la mondialité qui incline notre idée de l’humain vers l’horizontale plénitude de ce qui vit sur cette terre. C’est elle qui tend à faire de cette humilité une fondation de partage, et de régulation par le partage qui n’est pas le “Marché”. Elle n’installe aucun de ces horizons économiques qui scellent et qui enferment…

Révolutions

Un monde disparaît sous nos yeux, nous avons du mal à être les témoins de cette révolution, nous oscillons entre nostalgie, regret et attente, les yeux rivés sur la ligne d’horizon sans voir qu’elle se déplace avec nous, aussi intime à notre vision qu’au réel. Risquer la révolution, c’est peut-être, à un certain moment, avoir…

Espérer

Comment l’existence devient-elle quelque chose que l’on supporte, à quoi l’on sur-vit ? Par l’espérance. Ainsi se forment les marécages de la mélancolie ordinaire. Les marchés passés avec la soi-disante économie du réel, et pour prix de cette résignation, une autre vie rêvée. Et pourtant, l’espérance n’est-elle pas la première tâche ? Celle des mystiques,…

L’éloge du risque

Le risque est un kairos, au sens grec de l’instant décisif. Et ce qu’il détermine n’est pas seulement l’avenir, mais aussi le passé, en arrière de notre horizon d’attente, dans lequel il révèle une réserve insoupçonnée de liberté. Comment nommer ce qui, en décidant de l’avenir, réanime de fair le passé, l’empêchant de se fixer…

A l’écart

Être à l’écart dispense également de trop mesurer ou saisir, tout comme le sentiment d’appartenance à un lieu vous préserve du sentiment de possession ou du soi-disant instinct grégaire de propriété. On a sans doute davantage besoin d’espace mental dans le maelström turbulent du monde. Dépourvu de magie, de féerie, ce flux et reflux continu…

Hic et Nunc

Nous décomptons souvent ce qui nous reste à souffrir. C’est la source de notre malheur. La perspective des heures à endurer est plus lourde que le fardeau lui-même. Les vieux maîtres de la tradition Zu Ch’an, ancêtre des doctrines zen, enseignaient au contraire l’art de la parfaite momentanéité. Ils travaillaient à se saisir de l’instant…