Belles

Avdotia Romanovna était remarquablement belle ; elle était grande, harmonieusement proportionnée ; il y avait en elle une force, une assurance, qui apparaissaient dans chacun de ses mouvements, mais qui n’enlevaient rien à leur douceur ni à leur grâce. Elle ressemblait à son frère par le visage ; ses yeux étaient presque noirs, fiers, brillants…

Maria Nikoalevna

Elle se déplace, elle parle, elle chante d’une manière si assurée, ses mains accompagnent ses paroles et ses mouvements d’une façon si calme, si égale, elle garde en elle une espèce de chaleur, d’étincelle – divine ou diabolique -, elle a le oui et le non précis. Autour de moi, je le sens, je forme…

L’usage du monde

C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l’envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent… Lorsque le désir…

Ferguson

    Un nom né d’une blague sur les noms. La chute d’une blague sur les Juifs de Pologne et de Russie qui avaient pris le bateau pour venir en Amérique. Sans aucun doute une blague juive sur l’Amérique et l’énorme statue qui se dresse dans le port de New York.     Mère des…

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C’était sa dernière année au lycée, la dernière année qu’il passait à Montclair, New Jersey, la dernière année qu’il vivait sous le même toît que ses parents, la dernière année de la première partie de sa vie et maintenant qu’il se retrouvait seul, Ferguson portait sur son vieux monde familier un nouveau regard plus focalisé…

Souvenirs dormants

Nous sommes entrés dans le Jardin des Plantes et nous avons suivi une allé jusqu’à la ménagerie. Le petit garçon nous distançait en courant, puis il faisait demi-tour et revenait vers nous. Il imaginait qu’il devait échapper à des poursuivants i,visibles et, par moments, il se cachait derrière la tronc d’un arbre. Je lui ai…

Refuge

Certains jours, nous avions de la visite. Pas plus de deux ou trois personnes à la fois que nous guettions d’en haut avec nos jumelles. André les appelait “les éphémères”. Davide les accueillait sur le seuil, leur servait une assiette de polenta avec de la tomme et un verre de vin, les accompagnait à l’étage…