Poésie des femmes kurdes

Elles mettent du henné sur leurs tresses.Leurs tresses sont le cheminde la vieille patrie,L’amour était menacé dans le pays.Elles se sont transforméesen guerriers. Maram al-MasriLa Poésie des femmes kurdesKhonav Ayoub. 2016Manifeste Editions. le Merle Moqueur.2023

L’éternité même

Loué soit l’Art subtil qui a su retenirEt fixer ce nuage dans toute sa splendeur,Sans laisser échapper cette mince vapeurNi ces rais de soleil éclatant se ternir ; Qui arrêta sur le chemin avant qu’ils n’aientDisparu dans l’ombre des bois ces voyageurs,Et montré sur les flots de glace le shoonerA tout jamais ancré dans l’abri…

RIMOIR

Comment savoir ce qu’on croit être bien l’est vraimentPuisque parfois sans le savoir on se mentCar même s’il y en a beaucoup de mauvaisOn trouvera bien plus de bons côtés exprès Cela ressemble beaucoup à de la mauvaise foiOu est-ce seulement une petite dose d’ArnicaQui aide à soigner et à guérir les coupsQuand on sait…

Monchoachi

Silencieusement ainsi dit e tu parmi les boucles d’or et les joues sorceleuses, dans l’écart des lèvres, l’astre caché qui embrasse, orne le corps de désir, entre et sort à toute reste sur le trône pour languir vaste, hé hé, enfanter même volpé bardé de perles toutes côtés.Entre les mains, le mot, accouplé au destin…

Forough Farrokhzâd

Je te désire mais jamais je le saiscontre toi je me blottiraitoi vaste ciel éclatantmoi dans sa cage oiseau captif Derrière ces barreaux sombres et froidsje te regarde éperdue et j’attendsqu’une main ouvre la portepour m’envoler vers toi J’attends le moment propicepour voler loin de cette prison obscurepour rire à la face du geôlieret avec…

W WORDSWORTH

J’entendais mille voix mêlées,A demi couché dans un boisDans cette humeur où des penséesDe bonheur font naître l’effroi. La Nature à son bel ouvrageLiait l’âme qui coule en moi ;Et mon cœur déplorait l’outrageDe ce que l’homme a fait de soi. Les pervenches sous la ramureCouraient parmi les primevères ;Oh oui, chaque fleur, j’en suis…

Je suis la flamme

Arrive la nuit –et après la nuit les ténèbreset après les ténèbresles yeuxles mainsles souffles les souffles les souffles…et le flic floc de l’eauqui tombe du robinet goutte à goutte à goutte Puis les deux points rougesde deux cigarettes alluméeset le tic-tac de l’horlogeet deux cœurset deux solitudes Forough Farrokhzâd(1935-1967. Iran)Je suis la flammeLe couplePoèmes…

Poème dégénéré

si jamais tu retrouvesles mots que tu as oubliéspuisses-tu les perde à nouveauqu’ils brûlent au fond de ta gorgeou de la miennecomme une racine d’iris bleuquelque chose qui fait malmais qui nous veut du bienquelque chose qui grandit en nousalors même que rapetissentles limites du dicible Névé DumasPoème dégénéréEd. L’oie de cravan. 2023Québec