Je l’ai vu. J’ai bu l’eau noire

PHILOCTETE Je te l’ai dit : tout est déjà perdu NEOPTOLEME Non, ce n’est pas vrai ! PHILOCTETE Tout est vide ! Il n’y a que du vide qui engendre du vide pour augmenter le vide dans la quête du vide, du vide dans les yeux de tout le monde. Notre pays n’est rien d’autre…

Trois jours

Jour 1 7h15: Je me réveille à cette heure qui ne devrait pas exister. Matin d’hiver derrière la fenêtre, la lenteur du corps accroché aux draps.Je pense: rester ici et comme ça toute la vie. La douche en cascade ou caresse pour réveiller le corps.Je ferme les yeux pour croire que je nage à la…

Rien

Les gens passent,les voitures passent,le temps passe. L’eau passedans mon œsophage.Comme le sable dans un sablier.Pour un œufqui n’existe pas. Brigitte FontaineRienArchimbaud Editeur. 2009

Cumming’s

à présent l’air est l’air, chose est chose: nulle extase de terre au paradis n’ensorcelle nos espritsdont miraculeusement désenchantés les yeux vivent en sa magnifique honnêteté l’espace. Montagnes sont montagnes à présent; et cieux sont cieux – une liberté si vivifiante monte en nos veinescomme si en rien douteux ce tout entier suprême univers nous…

Puisque l’aube grandit

Puisque l’aube grandit, puisque voici l’aurore,Puisque, après m’avoir fui longtemps, l’espoir veut bienRevoler devers moi qui l’appelle et l’implore,Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien, C’en est fait à présent des funestes pensées,C’en est fait des mauvais rêves, ah! c’en est faitSurtout de l’ironie et des lèvres pincéesEt des mots où l’esprit sans…

Sinaï

TOI, COFFRE du sommeils stellaireforcé dans la nuit où tes trésorsles yeux pétrifiés des amantsleur bouche et leurs oreilles et leur bonheur dévastétombèrent en la splendeur.Dans la fumée de souvenance tu lançais des poussesalors que la main de l’éternité retournait ton sablier –la libellule dans la pierre ferreuse du sangsavait l’heure de son créateur –…

Jusqu’au désert

Je me dis: Pourquoi toutes ces larmesse formant subrepticementsous nos ongleset pourquoi les arbresappréhendent-ilsles peuplades de moineaux ?Je me dis: Nous devons poursuivre notre marchejusqu’au désertoù poussentdes clousParfois il me sembleque mon existence n’a pas raison d’êtreet que je ne suis qu’un angledans un triangle de vibrationsun éclair dans une forêtune étincelle dans tes yeuxde…

Noirlac

les pies jacassent dans les tilleulsde la promenade Marc GracianoNoirlacEd Le Tripode. 2023