Printemps birman

(…) Peut-être que tu ne le sais pas encore maiston fils est en prison, tombé dans un guet-apenspour avoir demandé à ceux qui osent s’appeler « Police »de ne pas nuire aux honnêtes gens.Un jour,ton fils, qui n’est ni un banditni un voleur,deviendra une force pour toi,comme la machette qui dégage les mauvaises herbes.Pour l’instant, Père,continue de…

Haïkus de la Roya

la Roya, la rivièrenuages, chemins et nousle soleil de l’été Eté 2022, au festival Passeurs d’humanité dans la vallée de la Roya.Tous les soirs à « l’heure bleue » (l’heure du soleil couchant, l’heure où le port a jauni à Marseille). Mo Abbas lit les haïkus qu’il a écrits avec les passant-s-s et habitant-e-s durant la journée.…

Dans l’espace

II C’est une illusion quece calme pourrait répandreune éclosion d’intemporeldans notre petite chambre, car le temps n’est pas dupe d’un moment de calme ;les battements de cœur font écho àl’éternel vacarme. Le coq chantera les étoilesdisparaissantes ;le mensonge est toujours à attendresur la langue ! Mais pendant qu’il attend, ne te dis rien de mensonger…

no more

les mains sont salesles mots ne savent pas les choses Marina SkalovaSouffle courtEd Héros-Lmiite / feuilles d’herbe.2023

Palestine mon pays

1.Vous qui passez parmi les paroles passagèresportez vos noms et partezRetirez vos heures de notre temps, partez.Extorquez ce que vous voulezdu bleu du ciel et du sable de la mémoirePrenez les photos que vous voulez, pour savoirque vous ne saurez pascomment les pierres de notre terrebâtissent le toit du ciel 2.Vous qui passez parmi les…

d’Ukraine

Plus on va vers l’est, plus cette terre devient noire.Méfie-toi, ne demande rien. Prends ton arme et de l’eau pure.Sois raisonnable, éjacule sur mon ventre, renonce à l’accessoire.Je ne veux plus d’enfants en ces temps obscurs.Nous traverserons des montagnes, des forêts, des ravins,des villes grises et des cendres des désastres humains.Et pourtant, tout sentier obstinément…

Modiano

dans les rues déchiréesle long des fleuves enfouissous les cascades de zinc éteintsous les lampes alluméesje vais aux façadespercées d’ombresgriffées d’arbredans le floudes années périmées j’ai déjà hanté ces ruesces itinéraires brouillésces pistes secrètesaux traces effacéesce présent contaminélivré aux ombresaux lambeauxaux lézardespar effraction Olivier AdamLes autres n’ont pas besoin de savoirModianoEditions Bruno Doucey .2023

bois

les troncslivrés à la scierieles planchesseront prêtes mardi Abbas Kiarostamides milliers d’arbres solitaireséditions érés 2021

L’hiver est là

Le soleil d’hier en nos cœurs décroît,L’herbe se fane.Flocons légers dans le vent froid,Voici qu’il neige. Au long des canaux étroits l’eau se fige,Devient glace.Rien ici, je le sais bien, n’arrive –Oh jamais ! Sur le ciel qui est vide un saule étendSon éventail.Mieux valait peut-être que je ne sois pasVotre femme. Le soleil d’hier…

Contre-vie

j’écris pour tuer le tempsles matins gris où tout crissedans la lumière dégueulasseles après-midi encagésparquet mouluresle cochon d’Indele poisson rouge j’écris comme je marchedans les rues au hasardsur les sentiers à l’équerrele long des façadessous le ciel gorgé d’oiseauxet passent les heuresprises dans les sablesen attendantles grands maréesles mortes-eauxun équinoxe j’écris comme je fumeles yeux…