Le seul amour

Le seul amour qui soit vraiment humain, c’est un amour imaginaire, c’est celui après lequel on court sa vie durant, qui trouve généralement son origine dans l’être aimé, mais qui n’en aura bientôt plus, ni la taille, ni la forme palpable, ni la voix, pour devenir une véritable création, une image sans réalité. (…) L’oeuvre,…

Faubourgs

Plus nous nous éloignons du centre et plus l’atmosphère devient politique. C’est le tour des docks, des bassins, des entrepôts,des cantonnements de la pauvreté, les asiles éparpillés de la misère : la banlieue. Les banlieues sont l’état de siège de la ville, le champ de bataille où fait rage sans interruption le grand combat décisif…

Brèves ombres

Quand vient midi, les ombres ne sont plus que des noirs et nets contours au pied des choses, prêtes à se retirer, silencieusement, à l’improviste, dans leur tanière, dans leur secret. Alors est venue, dans sa plénitude compacte et ramassée, l’heure de Zarathoustra, le penseur au “midi de la vie”, au “jardin d’été”. Car, comme…

Images de pensée

Trouver des mots pour ce qu’on a devant les yeux – comme cela peut être difficile. Mais lorsqu’ils viennent, ils frappent le réel à petits coups de marteau jusqu’à ce qu’ils aient gravé l’image sur lui comme sur un plateau de cuivre. « Le soir les femmes se rassemblent à la fontaine devant la porte de…

Élans migratoires ?

Sur quoi se fondent les élans migratoires ? Bien sûr : la guerre, la terreur, la peur, la souffrance économique, les désordres du climat… Mais aussi : sur l’appel secret de ce qui existe autrement. La plupart des migrants ont identifié le lieu d’une arrivée, qu’ils ont choisi ou qu’a choisi pour eux leur perception…

T.A.Z.

La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des “Utopies pirates” du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, “apparaissant-disparaissant” pour mieux échapper aux Arpenteurs de l’État. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l’espace, le temps ou l’imaginaire, et se dissout dès…

Prendre le risque de la dépendance

L’amour, ici j’ose risquer le mot, avec appréhension certes, est un art de la dépendance. Il suppose donc que l’on s’y risque. Admettre sa défaite, son attente insensée, son désespoir devant le brusque refus de l’autre, se laisser dévaster par une douleur qui nous semble-t-il alors ne prendra jamais fin. Cet acquiescement à la dépendance…