Le chat

II De sa fourrure noire et brune Sort un parfum si doux, qu’un soir J’en fus embaumé, pour l’avoir Caressée une fois, rien qu’une. C’est l’esprit familier du lieu ; Il juge, il préside, il inspire Toutes choses dans son empire Peut-être est-il fée, est-il dieu ? Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime…

Correspondances

La nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles; L’homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums,…

Fracassés

TROIS. Tout nous appartenait UN. On s’en prend plein la gueule mais TOUS. Debout on restait TROIS. On était jeunes et on se faisait confiance DEUX. Tout ça était romantique et vrai. TROIS. On était frénétiques, explosifs, on riait, on hurlait, UN. Sous l’immensité du ciel, on se serrait les coudes en soirée. DEUX. Mais,…

Demeure le corps

rien ne distingue l’oeuvre de l’agonie ; une seule et longue phrase regarde le soleil. … voici septembre, j’espère encore le temps d’un livre ; les crises agrippent le ciel … la convalescence, reflux de celui qui tient devant lui l’image de sa mort sous forme de renoncement, et la réalité de sa vie sous…

Mouvement par la fin

  Je me résous à parler puisque cela aussi sera emporté. Quelques minutes avant mes plus longues crises je vois distinctement, je vois car la joie est alors mon seul besoin, des trombes d’eau s’abattre par une ouverture du plafond et dans la mer d’orage se déplacer la masse noire d’un soleil. … Je m’autorise…

Pasolini

Je suis une force du Passé. Mon amour ne va qu’à la tradition. Je viens des ruines, des églises, des retables, des bourgs oubliés des Appenins et des Préalpes, où ont vécu les frères. J’erre sur la Tuscolana comme un fou, Sur la Via Appia comme un chien sans maître. Ou je regarde les crépuscules,…

Danser

Et nous mourions là, depuis des siècles toujours renouvelés, A quelques mètres de l’endroit où nous étions nés, Dans cette odeur étouffante de sueur humaine. Nos corps alors flottaient sur le Gange puis disparaissaient dans les nœuds du fleuve. Je suis née sans pitié Et mon corps, à son tour, aurait dû couler doucement dans…