La poésie vint me chercher

Et ce fut à cet âge… La poésie vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d’où elle surgit, de l’hiver ou du fleuve. Je ne sais ni comment ni quand, non, ce n’étaient pas des voix, ce n’étaient pas des mots, ni le silence  : d’une rue elle me hélait, des branches…

Le Petit Prince

La troisième planète fut donc la Terre.LA Terre n’est donc pas une planète quelconque ! On y compte cent onze rois ( en n’oubliant pas bien sûr les rois nègres, sept mille géographes, neuf cent mille businessmen, sept millions et demi d’ivrognes,trois cent onze millions de vaniteux, c’est à dire environ deux millions de grandes…

mon chat et moi

Il se prélasse non-chat’lammentil semblerait, comme siil avait déjà atteint le summum de la tranquillitédu bonheurla plénitudeDe son expérience Il aurait connu tout de la joie et des défaites, son absence de Il connaîtrait déjà le résultat finalde toutes les tribulations humainesqui veulent s’annuler entre elles pour ne rien fairesi ce n’est pour le pirePour le profit, la gloire…des poussières  Ils…

Sisyphe du matin

Sisyphe du matinla lumière montante quelques silences traçantsl’après-midi enjambéela butée des sentiments au beau milieu du temps rien n’est bien épais qui ne subsisteinvraisemblable la lucidité des frontières et laissant nos corpsa la morsure du temps au large de nous-mêmes ici face Anne Calasune pente très douceFlammarion. 2024

Liberté

Sur mes cahiers d’écolierSur mon pupitre et les arbresSur le sable sur la neigeJ’écris ton nom Sur toutes les pages luesSur toutes les pages blanchesPierre sang papier ou cendreJ’écris ton nom Sur les images doréesSur les armes des guerriersSur la couronne des roisJ’écris ton nom Sur la jungle et le désertSur les nids sur les…

Aragon

C’est une chose étrange à la fin que le mondeUn jour je m’en irai sans en avoir tout ditCes moments de bonheur ces midis d’incendieLa nuit immense et noire aux déchirures blondesRien n’est si précieux peut-être qu’on le croit D’autres viennent Ils ont le cœur que j’ai moi-mêmeIls savent toucher l’herbe et dire je vous…

Une pente très douce

dans l’espace liquide du moi, du souplerépondant au solideà la bienveillance d’un espace habitablesur le papier, le plâtre, lacire et la couleur un vocabulaire qui retourneau berceausouligne la présence de l’enfantqui sommeille et infusele rêve Anne CalasUne pente très douceFlammarion. 2024

à cœur

Ce soir-là on voyaitdans la douceur de l’airun à un tous les cœursredevenir lumière Georges HaldasLa blessure essentielle Photo: Jordi Pizarrowww.paradis.fr

Métamorphoses du piano

Partition envolée – fenêtre ouvertedu cœur, pelouse et bruit, que remontedépareillé l’ancêtre – sa vie changéedans un menuet, qu’en partie mangeun long secret. Remi BouthonnierMétamorphoses du pianoEd Nous. 2012

« préférable »

vérité se révélerait mensongeet la vie un simple passe-temps-chaque fois une tromperie,et désespoir une fatalité-si maintenant à toujoursne pouvait jamais (d’un souffle essoufflé)être âme“préférable” s’écrie: avec un sursis E.E.CummingsXAIPE71 poèmes, 1950Ed Héros-Limite. 2022