Forough Farrokhzâd

Je te désire mais jamais je le saiscontre toi je me blottiraitoi vaste ciel éclatantmoi dans sa cage oiseau captif Derrière ces barreaux sombres et froidsje te regarde éperdue et j’attendsqu’une main ouvre la portepour m’envoler vers toi J’attends le moment propicepour voler loin de cette prison obscurepour rire à la face du geôlieret avec…

W WORDSWORTH

J’entendais mille voix mêlées,A demi couché dans un boisDans cette humeur où des penséesDe bonheur font naître l’effroi. La Nature à son bel ouvrageLiait l’âme qui coule en moi ;Et mon cœur déplorait l’outrageDe ce que l’homme a fait de soi. Les pervenches sous la ramureCouraient parmi les primevères ;Oh oui, chaque fleur, j’en suis…

Je suis la flamme

Arrive la nuit –et après la nuit les ténèbreset après les ténèbresles yeuxles mainsles souffles les souffles les souffles…et le flic floc de l’eauqui tombe du robinet goutte à goutte à goutte Puis les deux points rougesde deux cigarettes alluméeset le tic-tac de l’horlogeet deux cœurset deux solitudes Forough Farrokhzâd(1935-1967. Iran)Je suis la flammeLe couplePoèmes…

Poème dégénéré

si jamais tu retrouvesles mots que tu as oubliéspuisses-tu les perde à nouveauqu’ils brûlent au fond de ta gorgeou de la miennecomme une racine d’iris bleuquelque chose qui fait malmais qui nous veut du bienquelque chose qui grandit en nousalors même que rapetissentles limites du dicible Névé DumasPoème dégénéréEd. L’oie de cravan. 2023Québec

La poésie vint me chercher

Et ce fut à cet âge… La poésie vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d’où elle surgit, de l’hiver ou du fleuve. Je ne sais ni comment ni quand, non, ce n’étaient pas des voix, ce n’étaient pas des mots, ni le silence  : d’une rue elle me hélait, des branches…

Le Petit Prince

La troisième planète fut donc la Terre.LA Terre n’est donc pas une planète quelconque ! On y compte cent onze rois ( en n’oubliant pas bien sûr les rois nègres, sept mille géographes, neuf cent mille businessmen, sept millions et demi d’ivrognes,trois cent onze millions de vaniteux, c’est à dire environ deux millions de grandes…

mon chat et moi

Il se prélasse non-chat’lammentil semblerait, comme siil avait déjà atteint le summum de la tranquillitédu bonheurla plénitudeDe son expérience Il aurait connu tout de la joie et des défaites, son absence de Il connaîtrait déjà le résultat finalde toutes les tribulations humainesqui veulent s’annuler entre elles pour ne rien fairesi ce n’est pour le pirePour le profit, la gloire…des poussières  Ils…

Sisyphe du matin

Sisyphe du matinla lumière montante quelques silences traçantsl’après-midi enjambéela butée des sentiments au beau milieu du temps rien n’est bien épais qui ne subsisteinvraisemblable la lucidité des frontières et laissant nos corpsa la morsure du temps au large de nous-mêmes ici face Anne Calasune pente très douceFlammarion. 2024

Liberté

Sur mes cahiers d’écolierSur mon pupitre et les arbresSur le sable sur la neigeJ’écris ton nom Sur toutes les pages luesSur toutes les pages blanchesPierre sang papier ou cendreJ’écris ton nom Sur les images doréesSur les armes des guerriersSur la couronne des roisJ’écris ton nom Sur la jungle et le désertSur les nids sur les…