Rien

Les gens passent,les voitures passent,le temps passe. L’eau passedans mon œsophage.Comme le sable dans un sablier.Pour un œufqui n’existe pas. Brigitte FontaineRienArchimbaud Editeur. 2009

Cumming’s

à présent l’air est l’air, chose est chose: nulle extase de terre au paradis n’ensorcelle nos espritsdont miraculeusement désenchantés les yeux vivent en sa magnifique honnêteté l’espace. Montagnes sont montagnes à présent; et cieux sont cieux – une liberté si vivifiante monte en nos veinescomme si en rien douteux ce tout entier suprême univers nous…

Puisque l’aube grandit

Puisque l’aube grandit, puisque voici l’aurore,Puisque, après m’avoir fui longtemps, l’espoir veut bienRevoler devers moi qui l’appelle et l’implore,Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien, C’en est fait à présent des funestes pensées,C’en est fait des mauvais rêves, ah! c’en est faitSurtout de l’ironie et des lèvres pincéesEt des mots où l’esprit sans…

Sinaï

TOI, COFFRE du sommeils stellaireforcé dans la nuit où tes trésorsles yeux pétrifiés des amantsleur bouche et leurs oreilles et leur bonheur dévastétombèrent en la splendeur.Dans la fumée de souvenance tu lançais des poussesalors que la main de l’éternité retournait ton sablier –la libellule dans la pierre ferreuse du sangsavait l’heure de son créateur –…

Jusqu’au désert

Je me dis: Pourquoi toutes ces larmesse formant subrepticementsous nos ongleset pourquoi les arbresappréhendent-ilsles peuplades de moineaux ?Je me dis: Nous devons poursuivre notre marchejusqu’au désertoù poussentdes clousParfois il me sembleque mon existence n’a pas raison d’êtreet que je ne suis qu’un angledans un triangle de vibrationsun éclair dans une forêtune étincelle dans tes yeuxde…

Noirlac

les pies jacassent dans les tilleulsde la promenade Marc GracianoNoirlacEd Le Tripode. 2023

Fugue

Comprenez-nous bien.Nous palpitons vraiment pour ce qui est passé,Mais plus encore pour tout ce à côté de quoi nous sommes passés.Sans remercier, sans savoir.Quand ce que nous avions était à nous. Une autre faille nous a étouffés:Le simple don de l’adieuAu revoir, ce par quoi on se dit l’un l’autre –Merci d’avoir offert ta vie…

Amanda Gorman

Nous en avions marre du pays,Nous avions le mal du pays.Ce masque à notre oreilleS’est accroché tout au long de l’année.Une fois rentrés chez nous,On se retrouvait haletants, en larmes,à l’arracher comme un bandage,Comme une gaze poséeSur notre bouche béante.Même sans visage, un sourire peutNous élargir les joues,Os par os,Nos yeux se plissentDélicatement comme du…