L’innocence

Regardant vers la mer, c’est une lignede montagnes sans rupture. C’est le ciel.C’est le sol. Lànous vivons, là-dessus. C’est une brumemaintenant tangente à une autredouceur. Ici les feuillepoussent, làse montre aux yeux le rocher ou sa preuveCe que j’en viens à faireest partial, en partie gardé pour moi. Robert Creeley(1926-2005)Par amourEd. Nous. 2025

Espace

Tu scrutes, tubulaireRegard, au seuil du bleuRaréfié,Circonstance circulaire,Sans intention, miroir, narcisse,Hormis la captation du ventre de l’abysse,Jusqu’aux rayons fossiles du brasier tumultueux,Terminus inversé de l’espace et du temps. Tu focalises alors sur l’opaque transpercé de nuages, de perles et d’amas ramifiés.Dans l’univers une toile,Dans celle-ci une étoiler,Spectacle insignifiant.Planète, continent,Poussières: tu m’y verras, infime, détail, assisÉcrivant…

Douce Dibondo

A tes mots c’est montéà tes vers, ça implosetout dans tes ligneset leur souffle nocturnem’éveille des pluies de joie,du sel de tes cheveuxdes atomes d’orsous ta peaul’encens lumineuxde tes corps subtils c’est le Nil brûlantet les percées de ton regardcomme un goût de prose liquidec’est le sucre Noir de tes iris,les plis épicés de tes…

Le fou

Robert Creeley (1926-2005)Par amourEd. Nous. 2025 qui trace, donc, les lignesen parlant, prenant toujours le rythmedu souffle (bougeant d’abord lentementle souffle puisqu’il est lent – je vaux dire, les grâces viennent lentement,c’est ainsi. Si lentement (elles font signenous allons nous éloignant (les arbres de l’ordinaire (défilentqui est plus lent que ça, qui est ( nous…

Panne

snow crash Le monde s’est arrêté le temps de mon attenteAu zéro absoluParfaite stabilité des liaisons covalentesDéchues des vibrations hors les flux d’électrons , n’émettant vers le ciel aucun grésillementAinsi le Samouraï virtuel est échuLe cacheS’anéantitEt le fenêtre est close Reste un rai de lumière au clair d’une aube moroseReste la poésie  Romain LucazeauLangage machineEd. Seuil…

Notre nom est une île

Pourtant la vie est là.Dans la vibration de la chaleurelle palpitese mêle à la poussière de rues, des déserts, des ports. … Mais pour ployer la nuquePas de repos pour nos paupièresL’immensité à pris le cielNos yeux ne gardent que l’horizon C’est peu un horizon quand a la cœur vaste … RespirerToucher le mur dans…

Cher journal intime

Tu es plus grandiose que la bibleLa Conférence des oiseauxEt les UpanishadsTous réunis Tu es plus sévèreQue les ÉcrituresEt que le Code HammourabiPlus dangereux que le manifeste de LutherCloué sur la port de la Cathédrale Tu es plus douxQue le Cantiques des CantiquesPlus puissant et de loin Que l’Épopée de GilgameshEt plus intrépideQue les Sagas…

Amanda

Le pire serait derrière-nous, parait-il.Pourtant, nous demeurons tapis à l’orée de demain,Figés dans nos foyers tels des fantômes acéphales,Attendant de nous rappeler exactementCe que nous sommes censés faire. & nous sommes censés faire quoi, exactement ?Écrire une lettre au monde en tant que fille du monde.Nous écrivons tandis que le sens s’évanouit,Nos mots sont de…

seul instant d’existence

Ô mes amis, n’ayons souci du lendemainTraitons plutôt comme un butin notre seul instant d’existenceDemain nous sortirons de notre vieux couventpour rejoindre nos compagnons des sept mille ans vécus ensemble Omar KHAYYÂMLes Rubâ’iyât (1060 ap. JC)Ed; Seghers.1982

réfugié

réfugié en poésie vis la vie qui est la mienne sur laquelle plane l’ombred’une grande Catastrophe Olivia EliasCe mont qui regarde la merEd Cambourakis. 2025