Être ému

Le poème nous émeut. L’émotion, cette force vive. Celle qui, au sens étymologique du terme, nous met en mouvement. Nous l’accueillons. Nous la réfléchissons. Dans le silence que génèrent les mots du poème, quelque chose a lieu. Au plus profond de nous.
De ces plongées nos vies sortent changées.
Comment penser qu’un mot peut changer une vie ?
Il faut imaginer

(…)
Quand on est capable d’être ému, d’imaginer, de créer la vision d’autre chose que ce qui est, alors on a un levier formidable pour rester vif. Libre, gratuit, secret, ce levier a toujours fait frémir les pouvoirs. Parce qu’une émotion réfléchie crée de la pensée.
Alors que les émotions dont on nous mitraille aux actualités télévisées ou ailleurs sans leur donner aucune chance d’être réfléchies, loin de nous mettre en mouvement, nous pétrifient, au sens propre, nous médusent.

Jeanne Benameur
Notre nom est une île
editions Bruno Doucey 2011

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s