BME pour les tenues de combat
Les armées françaises disposent d’un nouveau camouflage pour leurs tenues de combat depuis 2024. Le bariolage multi-environnement (BME) est destiné à remplacer les deux bariolages actuellement en vigueur dans les forces conventionnelles françaises : bariolages Centre-Europe (CE) et désert.
Ce nouveau bariolage accompagnera la généralisation du treillis F3 à l’ensemble des armées, directions et services.

L’adoption du BME répond aux besoins suivants :
- Le développement d’un nouveau bariolage vise avant tout à accroître la furtivité du combattant (25% de gain en délai de détection).
- Ce changement est ensuite motivé par le besoin de renouveler l’identité visuelle des armées françaises qui est associée, depuis 30 ans, au graphisme Centre-Europe. Ainsi, le BME est constitué de six couleurs en formes brisées mixtes aux contours légèrement pixélisés, atténuées par un dégradé avec la présence de blanc et de branchages
- Enfin, l’adoption d’un nouveau bariolage, en remplacement des bariolages désert et CE, est une source de rationalisation et d’efficacité logistique (disparition de 2 bariolages, mais création d’un bariolage zone enneigée).

Mis au point par le service du commissariat des Armées (SCA) et la Section technique de l’armée de Terre (STAT), ce dessin s’inspire des modèles américains et britanniques, mais garde des spécificités françaises. Il utilise la couleur “brun terre de France” et ses motifs triangulaires évoque le camouflage des blindés du programme Scorpion.
Il a été industriellement mis au point par le Service du commissariat des armées (centre interarmées du soutien « équipements Commissariat » – CIEC) avec une entreprise française. Les premiers travaux de conception ont débuté en mars 2016. Le graphisme élaboré a fait l’objet de comparaisons avec un panel de bariolages contemporains. La performance opérationnelle et l’esthétique ont été retenus comme critères centraux. La tenue de combat BME commencera à être distribuée aux armées françaises à compter de 2024 (avec la généralisation du treillis F3).
Le ministère des armées va investir environ 200 M€ dans le cadre de la loi de programmation militaire pour doter les militaires des armées et services d’un treillis de nouvelle génération.

CAMTAC pour les véhicules
Depuis plus de 30 ans, l’armée française est équipée d’un bariolage régionalisé, intégré lors de sa professionnalisation. Le camouflage est une composante récente des armées, nécessitant des innovations continuelles. Dans cette optique, il évolue, notamment avec son passage au brun terre de France (BTF) comme couleur de fond unique fin 2019, puis vers un camouflage tactique appelé CAMTAC, présenté lors du 14 juillet 2023.
Cette évolution des camouflages ne se limite pas à la nouvelle gamme de véhicules Scorpion, mais concerne l’ensemble de l’armée, y compris la mise en place d’un nouveau camouflage pour la tenue de combat, basée sur un bariolage multi-environnement (BME).
Le CAMTAC, camouflage adapté et économique
La modernisation d’un camouflage ne se fait pas à la légère ; elle doit à la fois apporter des changements majeurs en opération tout en permettant une application rapide et économique. Malgré l’augmentation des crédits alloués aux armées, la réflexion autour du CAMTAC intègre la volonté de rendre ce camouflage efficace et d’un coût logistique raisonnable pour les forces armées.

Un camouflage réversible en quelques heures
Les camouflages sont connus pour avoir une obsolescence évidente. Chaque zone d’opération nécessite un camouflage adapté, et l’usure de celui-ci implique un passage au stand régulier. La première contrainte obtient une réponse grâce à la mise en place de triangles trompe-l’œil réversibles. Ils fonctionnent sur le même principe que le covering.
Les triangles sont de taille standardisée et adhésifs. Ainsi, en seulement quatre heures, un équipage de trois militaires est capable d’adapter l’habillage d’un blindé pour le passer en environnement centre-européen, désertique ou hivernal.
L’entretien du camouflage devrait également être facilité. Auparavant, les véhicules de l’armée passaient au stand de peinture au moins une fois tous les cinq ans. En effet, la pluie, le vent et toutes les conditions météorologiques ont tendance à abîmer la peinture, surtout lors d’utilisation dans des conditions extrêmes (opérations au Moyen-Orient et au Sahel). Cette opération, plus ou moins longue en fonction des travaux à effectuer, pouvait immobiliser le véhicule pendant plusieurs semaines.
La mise en place du brun terre de France devrait faciliter l’entretien, avec une couleur unique et du camouflage adhésif. Ce gain logistique devrait simplifier et réduire les coûts d’entretien de ces matériels équipés du CAMTAC. Le coût de la peinture est remplacé par des kits à usage unique pour passer d’un environnement à un autre.

Le CAMTAC pour trois environnements de mission
Le camouflage CAMTAC prend en charge les environnements « centre Europe », « zone enneigée » et « zone désertique ». Aucun camouflage pour les environnements urbains n’a été prévu. Ces environnements se composent de deux tons : « vert sapin noir-vert foncé » pour le centre Europe. Le vert foncé provient de l’ancien camouflage du centre de l’Europe.
Pour l’environnement « zone enneigée », le camouflage CAMTAC utilise du blanc et du gris, sur le même principe de forme.
Enfin, l’environnement « zone désertique » se compose de deux tons de brun : moyen et clair. Les performances du camouflage sont confidentielles, mais comme l’indique la Section technique de l’armée de Terre (STAT), le camouflage se veut innovant et vise à augmenter le temps de détection des véhicules en opération.

Vers une utilisation pour le matériel aérien de l’armée de Terre
L’intégration de ce nouveau camouflage dans l’armée en est encore à ses prémices. Le CAMTAC doit être présenté à la Direction générale de l’armement (DGA) pour lancer la phase d’industrialisation. Néanmoins, l’idée est de l’incorporer au maximum dans l’armée de Terre, notamment dans la composante aérienne. L’objectif est d’intégrer le CAMTAC aux hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT).
Avant toute chose, de nombreux tests doivent être réalisés. Les conditions d’utilisation du camouflage vont être considérablement modifiées. L’aspect adhésif doit pouvoir résister à des vitesses élevées et à des températures élevées.
Enfin, l’idée d’uniformiser l’ensemble de l’armée française est à l’étude, notamment avec le parc de l’armée de l’Air et de l’Espace, ainsi que la Marine.









