Pourtant la vie est là.
Dans la vibration de la chaleur
elle palpite
se mêle à la poussière de rues, des déserts, des ports.
…
Mais pour ployer la nuque
Pas de repos pour nos paupières
L’immensité à pris le ciel
Nos yeux ne gardent que l’horizon
C’est peu un horizon quand a la cœur vaste
…
Respirer
Toucher le mur dans notre dos
sentir la pierre s’effriter sous nos doigt
Debout
sentir la pierre irrégulière contre notre crane
s’y appuyer
Et regarder
regarder encore
ce qui passe sous nos yeux
tout ce qui se passe
Sans choisir
Laisser l’air vibrer
entre notre visage
et les autres visages
offerts
Qui ?
De lourds navires à quai
dans nos poitrines
Avons-nous navigué ?
Qu’avons-nous vu du monde ?
…
Le berger dort, quelque part enfoui. Sous sa vaste pèlerine il n’y a plus place que pour lui.
Il serre l’étoffe rêche contre ses genoux.
Il a froid
…
Les étoiles incrustées sous la chair
il faut vautour et rage
pour nous arracher
un peu
Et tant d’amour sans attente
pour garder de la lumière
….
Et si vivre était là ?
…
Notre nom est une île
au voyage sans fin
par chaque bouche reliée
au cœur d’un autre nom
porté par l’océan du désert le cri
du nouveau-né
Nous sommes archipel
infini
dans le temps
.
Jeanne Benameur
Notre nom est une île
Ed Bruno Doucey.2011









