Le dit du Genji

Quand se levèrent les vents qui balayent la lande, à l’heure crépusculaire où froidure soudain vous saisit, plus que jamais les souvenirs affluèrent à son esprit, et il confia un message à celle que l’on nommait Yugéhi no Myobu. A l’heure enchanteresse de la lune du soir, il envoya donc là-bas cette femme et sitôt retomba dans ses mornes songeries. En pareille occurrence, lorsqu’il se divertissait à entendre de la musique, celle-là faisait sous ses doigts sonner d’émouvants accords, et il n’était jusqu’au feuillage léger de ses propos qui ne fit la différence des autres; et sa mémoire lui en montrait les gestes et les traits, telle une ombre toute proche, moins tangible néanmoins que « réalité dans les ténèbres ».

Murasaki Shubiku
Le dit du Genji
Verdier

Traduit du japonais par René Sieffert

Laisser un commentaire