Paul Blackburn

Dès le premier choc des feuilles leur alliance
avec l’amour, comment ça va ?

Pages qu’on écrit et déchire
Quelqu’un dans son trois quarts s’assoit sur une colline et attend

Ce n’est pas le printemps, peut-
être n’est-ce jamais le printemps
peut-être le bout blessé de l’été
la tendre première brise d’automne
la première pluie fraîche de l’automne sur le parc
et sur ces gens qui le traversent

La fille, elle pense :
la vie est ces pronoms
l’homme : demander/ répondre/ accepter
oiseau-vie – renne mort

La vie n’est que verbes, voyelles et herbes.
Ils sont tous les deux mouillés

Si c’est de l’amour, alors il faut faire
l’amour, autrement laisse tomber
« Créer la situation / voilà de l’amour
et l’éviter, voilà encore

de l’amour »
de même que prendre soin, ou l’éveil d’une conscience, de même n’importe quelle
autre conscience pourrait aurait
pu-être
mais est désormais
chair chaude
giflant de la chair chaude
Jusqu’à renne-vie / oiseau-mort

Tu cours, tu vois
tu cours et descends la pente à travers le pré
et moi aussi je cours
pour te rattraper

Cette pluie est la tienne
elle tombe sur nous
et nous aussi, l’un sur l’autre

Appartenons à la lune
que nous ne voyons pas

Il fait humide et frais
des bleus que nos peaux
auraient pu
prendre soin d’éviter
mais nous courons , courons

pour préparer
l’être d’amour après

Paul Blackburn
(November 24, 1926 – September 13, 1971)
VILLES suivi de JOURNAUX
traduit par Stéphane Bouquet
Poème du parc
Ed José Corti. 2011

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