Et les paniers de rose
Je les entrevois dans ma torpeur
une carte sur chaque bouquet
Au nom de celui qui l’a offert
Les belles fleurs me disent
Que leurs yeux se sont écarquillés de stupeur
Quand elles ont été cueillies
Quand elles ont été rompues
Quand elles ont été anéantis dans leur jardin
Elles me disent
Qu’elles sont tombées de leur trône
Pour être exposées dans une vitrine
Ou portées par des marchands ambulants
Avant d’être achetées par un généreux passant
Elles me racontent
Comment elles sont arrivées jusqu’à moi
(Leur tristesse royale redresse leur long cous verts)
pour me souhaiter longue vie
En exhalant leurs derniers soupirs
Chaque bouquet
Entre torpeur et éveil
Respire péniblement, comme moi, seconde après seconde
Une carte au nom de son assassin
Amal Donqol, Egypte
Anthologie de poésie arabe contemporaine
Poèmes choisis par Farouk Mardam-Bey
Institut du monde Arabe
Actes Sud. 2007
Peintures de Rachid Koraïchi










