L’art n’est pas un passe-temps, mais la chose la plus sérieuse de la vie. C’est la parure du chaos.C’est oublier tout ce que l’on sait à son propre sujet. C’est le tremblé d’Artaud qui en finit avec le jugement de Dieu. C’est le fuselé de John Coltrane ciselant India au Village Vanguard. C’est l’obstiné de Virginia Woolf exigeant de saturer chaque atome. Le rougi de Marina Tsvétaïeva dont les jours s’embrasent en lisant ses premières pièces de souffle en moi pour une seule flûte. C’est le caressé de Chet Baker qui te demande – écoute, as-tu jamais songé à être libre ? C’est un monde absolument neuf. Celui d’une toujours première fois.
Zeno Bianu
Le battement du monde
Ed Lettres vives. 20002









