Danse le Mia, en mode zoukouss

A l’époque, simple gardien de la paix, il justifiait (auprès de sa coulie concubine) ses absences nocturnes par des histoires de plan Orsec expérimental, et hantait les viviers féminins de zoucs, bals, et d’autres coulés-sirop. Cette nuit-là, il avait choisi La Bananeraie, paillote en vogue, où musiquait l’orchestre italien de Nemours Jean-Baptiste. Après un décollage…

Decorum

Dehors, par contre, traînaient des seaux en plastique, un tas de bois à moitié pourri, un poêle taillé dans un bidon d’essence, une baignoire qui servait d’abreuvoir, et sur le sol des pelures de pommes de terre et quelques os que les chiens avaient raclés. Ce n’était pas simplement une absence de décorum : il…

Total Khéops

Ce soir-là, j’avais proposé d’aller dîner aux Tamaris, un petit restaurant grec dans la calanque de Samena, pas loin de chez moi. Il faisait chaud. Une chaleur épaisse, sèche comme souvent fin août. Nous avions commandé des choses simples: salades de concombres au yaourt, feuilles de vignes farcies, tarama, brochettes aux cent épices, grillées sur…

Salina

Au tout début de sa vie, dans ces jours d’origine où la matière est encore indistincte, où tout n’est que chair, bruits sourds, pulsations, veines qui battent et souffle qui cherche son chemin, dans ces heures où la vie n’est pas encore sûre, où tout peut renoncer et s’éteindre, il y a ce cri, si…

Trois fois la fin du monde

La nuit s’installe, le froid le rappelle à sa fatigue. L’homme rentre dans sa maison. En répandant le soir la lumière, la lampe répand la confiance. Joseph prend un cahier, il raye les réserves rapportées. Il inventorie sa “pièce des stocks” derrière la cuisine. Bientôt, le grand aménagement d’automne sera terminé. Là-bas, au bout de…

Le Lambeau

… puisque nous étions là pour ça: dire des conneries. Dire tout ce qui nous passait par la tête, nous engueuler et nous amuser sans souci de bienséance ou de compétence, sans être raisonnables si “sachants”, et encore moins sachems. Le dire pour nous réveiller.        J’insiste, lecteur : ce matin-là comme les autres,…

Le Diable. Le cauchemar d’Ivan Fiodorovitch

Il se trouvait que quelqu’un s’était installé là, quelqu’un dont Dieu sait comment il avait pu entrer, parce qu’il n’était pas dans la pièce au moment où Ivan Fiodorovitch, rentrant de chez Smerdiakov, lui, y était entré. C’était une espèce de monsieur ou, pour mieux dire, un gentleman russe d’un genre bien connu, d’un âge…