Déserter

A s’abrutir de souvenir, le cul sur une pierre – de ces rochers affleurant bleu-gris, qui chauffent bien vite au soleil et sentent le métal et la pierre à fusil, aussi lisses que durs: y avait-il un frémissement premier, un vent rauque, prémisse de la logique de la brutalité, un brame antérieur au rut souverain…

Sauvagerie

Privés de toute expression de soi, quand même la plus rebelle était désamorcée par l’infinie patience des parents, ces enfants étaient pris dans une noria sans fin d’activités méritoires – et nulle part on n’a distribué éloges et encouragements, mérités ou non, plus généreusement qu’à Pangbourne Village. En somme, ils vivaient dans un état proche…

La rivière

Carbonisation éclair. Le vent du tourner, ou bien Dieu exprima un peu de pitié. Parce qu’ils ne brûlèrent pas, leurs poumons ne brûlèrent pas. L’embrasement ne fut pas total, sinon ils n’auraient plus été là. Mais ils sentirent passer les bourrasques et entendirent les arbres s’embraser et pousser des hurlements inhumains à moins qu’ils ne…

Jour de défaite

on n’est pas passé loin tu saison l’a vraiment frôléed’un cheveud’un pointd’un centième on a fait tout ce qu’on a puon a tout donnéon s’est dépouillésil ne nous reste plus rienet il n’y a rienà regretter on n’est pas passé loin tu saisça aurait vraiment pu marchersur un malentenduavec un peu plus de chanceou de…

Îles

Elles arrivent tes îleselles affleurent peu à peuou resplendissent d’un couple profil aiguisél’archipelterres au soleil et dans le brouillardfondées sur le riencraintives d’un souffleavec autant de vies derrière ellesque de mer naviguée. Bartolo CattafiEau de poulpeÎlesEd Nous 2023

Terre

Tu es ici, l’oiseau du vent tournoie, toi ma douceur, ma blessure, mon bien. De vieilles tours de lumière se noient et la tendresse entrouvre ses chemins. La terre est maintenant notre patrie. Nous avançons entre l’herbe et les eaux, de ce lavoir où nos baisers scintillent à cet espace où foudroiera la faux. Philippe…

Mes forêts

une chute de liensavec le ciel qui jette l’ancreun désordreque blessent les vents de biaisla beauté vientchasser l’obscurité les forêtsapprennent à vivreavec soi-même . Hélène DorionMes forêtsL’horizonEd Bruno Doucey.2023 Vallouise, été 2023

Haïkus d’automne

cueillant une chrysanthème à la haie de l’est,le cœur libre j’aperçois la montagne du suddans les fumées du crépuscule la montagne est magnifiqueles oiseaux en volant ensemble y retournentdans tout cela réside une signification profondesur le point de l’exprimer j’ai déjà oublié les mots Tao Yuan ming (5° siècle) in « l’hôte, l’invité & le crysanthème…