nulle part

Il n’y a plus de ligne droite ni de route éclairée avec un être qui nous a quittés. Où s’étourdit notre affection ? Cerne après cerne, s’il approche c’est pour aussitôt s’enfouir. Son visage parfois vient s’appliquer contre le nôtre, ne produisant qu’un éclair glacé. Le jour qui allongeait le bonheur entre lui et nous…

Iréêve

Cet hivernage de la pensée occupée d’un seul être que l’absence s’efforce de plaquer à mi-longueur du factice et du surnaturel . René Char Lettera amorosa 1947-1949

L’adolescent souffleté

Les mêmes coups qui l’envoyaient au sol le lançaient en même temps loin devant sa vie,vers les futures années où, quand il saignerait, ce ne serait plus à cause de l’iniquité d’un seul. Tel l’arbuste que réconfortent ses racines et qui presse ses rameaux meurtris contre son fût résistant, il descendait ensuite à reculons dans…

Deux

Mais quelle tristesse, mais quelle angoisse magnétique dans l’air et sur les choses ! Les êtres eux se font simplement mal, c’est toujours l’aurore pour les plaies. Aimer, ne pas aimer ?  Quel long vertige… Et on ne peut rester jamais deux. Dès que l’on est définitivement deux ! Les autres, la morale, ce foyer déjà bâti…

Dans une forêt

Je voudrais me glisser dans une forêt où les plantes se refermeraient et s’étreindraient derrière nous, forêt nombre de fois centenaire, mais elle reste à semer. René Char Lettera amorosa 1952