Au bord du sentier

Le printemps est cette saison  dont l’allure est celle des matins perpétuels. C’est l’éveil en soi. Telle est aussi l’imaginario vera, une forme de cognitio matutina. La connaissance du matin reste une connaissance en alerte. Elle est susceptible de saisir ce qui ne vient pas de l’individu. Il n’est nullement passif pour autant. Il est précisément éveillé. Le « connais l’instant »signe ce pacte de la philosophie avec la vie, plus encore qu’avec la connaissance. L’instant à saisir, c’est l’obligation éthique de l’engagement pour l’homme. Il ne suffit pas de l’espérer. Il faut le créer. L’instant est par nature manquant. Il redit la même histoire inaugurale du « connais-toi toi même » que scelle notre insuffisance. « L’occasion est au bord du sentier (1) ». Connaître nécessite le passage par la forme pronominale pour advenir en tant que tel. Il n’y a pas d’accès à la connaissance pour celui qui n’est pas prêt à l’introspection, et donc au changement.

Cynthia Fleury
Les Irremplaçables
2015. Gallimard

(1) Vladimir Jankelevitch. « Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien ».Seuil, Point-Essais 1981

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Vallouise. Vers le col de l’Aup Martin, glacier de Chanteloube, Pointe de Verdonne …
4 Août 2016. Photo: Sébastien Manya

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