L’enfant qui

Depuis qu’elle a disparu, tu as besoin de t’enfuir.
    Le chien, auprès de toi, marche. Ce chien, personne d’autre que toi ne le voit. Mais tu ne le sais pas. Je me rassure de sa présence auprès de toi. Il est fort et sent ce que tu ne vois pas. Tu peux poursuivre ta route. Ton vêtement de laine pend toujours d’un côté, “tu boutonnes le lundi avec le mardi” fit ta grand-mère. Tu ne comprends pas bien ce que ça veut dire. C’est juste que les jours ne savent plus comment se suivre. Tu es un enfant qui penche. Le chien rétablit l’équilibre.
    Parfois tu es traversé par une poussée de joie. Tu ignores comment ça vient. C’est l’alouette du matin qui trouve en toi son vol vertical. Des pieds jusqu’à la tête et bien plus que ta tête, un élan farouche te soulève. La joie n’a aucune raison. Elle te porte. Et tu avances.
    Le chien va devant, court dans le taillis, revient. Le chien vit avec chaque brin d’herbe. Puis il repasse rapidement sa grosse tête sous ta main. Tu souris

 

Jeanne Benameur
L’enfant qui
Actes Suds. 2017

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