Les chants

Avant qu’il pleuve, bien avant la pluie
Je reviendrai dans la ville édifiée par le chant.
Les doigts du vent
Jouent glissando
Sur les cordes de la pluie…

Comme si le soir prêtait l’oreille
A chaque rugissement
A chaque murmure
Au vacarme fuyant
Des chant inachevés.

Comme si le soir se barricadait dans l’ambiguïté
Des gratte-ciel : ses yeux
Dans les rues sans rythme, sans délire
Sous une pluie rapide et froide.

Comme si le soir, la lune, accablée de froid,
S’accrochait à une branche comme une pomme de pin pourrie
Tout ce qui déborde d’art est en proie au pillage
Que soient brisés les idéaux qui dans leur opulence
Ignorent le temps de la disette !

De nouveau, tandis que la pluie
Console, son amie triste (la nuit)
Et qu’il pleut encore sur le monde mélancolique…

Pour qu’il écrive ses mantras au sein de la terre
Pour que le peuple éveillé lisse
Cette longue écriture mouillée
Allumé tout au long de la nuit
Le lustre brillant de la pluie
Illumine les ruelles ténébreuses du monde.

 

Mohammad-Ali-Sépânlou
Les temps versatiles

Ed L’Inventaire.2004

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