Forough Farrokhzâd

Je te désire mais jamais je le sais
contre toi je me blottirai
toi vaste ciel éclatant
moi dans sa cage oiseau captif

Derrière ces barreaux sombres et froids
je te regarde éperdue et j’attends
qu’une main ouvre la porte
pour m’envoler vers toi

J’attends le moment propice
pour voler loin de cette prison obscure
pour rire à la face du geôlier
et avec toi ma vie recommencer

Je rêve mais jamais je le sais
je n’aurai la force de quitter cette cage
Quand mon geôlier me laisserait m’envoler
je n’aurais pas de souffle pour voler

Derrière les barreaux au matin radieux
un enfant me regarde souriant
et m’envoie un baiser
si je chante un air joyeux

Si je voulais un jour ô Ciel !
fuir cette obscure prison
que dire aux larmes de cet enfant ?
Oublie-moi car je suis oiseau captif

Je suis la flamme qui du feu de son coeur
illumine une maison en ruine
et je choisirais de m’éteindree
pour jeter le foyer dans la douleur ?

Forough Farrokhzâd
(1935-1967. Iran)
Je suis la flamme
Captive
Poèmes choisis et traduits du persan par Niloufar Sadighi et Franck Merger
Ed Maelstrom Révolution. 2022

2 réflexions sur “Forough Farrokhzâd

    • Bonsoir,
      C’est vrai-
      J’ai été assez racoleur avec cette photo d’une (trop) belle femme arabe.
      Merci de le souligner.
      Vraie photo d’elle dans l’article précédent.
      Je découvre avec émerveillement cette poète(sse)

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