le vent de Paris derrière moi

Je traîne dans une petite fête foraine dans une rue des halles…je t’aime. j’ai tout à fait l’air d’une gitane, foulards, rubans dans les cheveux et je suis seule. je voudrais que tu sois là avec ta chemise ouverte jusqu’à la taille…à transpirer le sexe comme un gigolo…il y a des autos tamponneuses ici…des petites…

… Cioran

Au lieu de faire attention à la figure des passants, je regardai leur pieds, et tous ces agités se réduisaient à des pas qui se précipitaient -vers quoi ? Et il me parut clair que notre mission était de frôler la poussière en quête d’un mystère dépourvu de sérieux.   Emil Cioran Aveux et anathèmes.…

Portrait intérieur

Ce ne sont pas des souvenirs qui, en moi, t’entretiennent; tu n’es pas non plus mienne par la force d’un beau désir.   Ce qui  te rend présente, c’est le détour ardent qu’une tendresse lente décrit dans mon propre sang.   Je suis sans besoin de te voir apparaître; Il m’a suffi de naître pour…

Cioran…

En proie à des préoccupations capitales, je m’étais dans l’après-midi mis au lit, position idéale pour réfléchir au nirvâna sans reste, sans la moindre trace d’un moi, cet obstacle à la délivrance, à l’état de non-pensée. Sentiment d’extinction bienheureuse d’abord, ensuite extinction bienheureuse sans sentiment. Je me croyais au seuil du stade ultime; ce n’en…

Le Rêve

[…] Sans aller jusqu’à penser qu’il soit un message divin, un rêve n’est-il pas toujours une apparition surprenante, même le plus absurde, quelque chose comme une déchirure significative dans le voile mystérieux qui tombe en nous et de ses mille plis recouvre notre vie profonde ? […] Le rêve, à ce qu’il me paraît, est…