Présage

moby1C’était par un après-midi couvert et étouffant; les hommes allaient et venaient indolemment sur les ponts ou se penchaient, le regard perdu, sur les eaux couleur de plomb. Quiequeg et moi nous employions sans hâte à tisser ce qu’on appelle une “natte à épée” pour notre embarcation. Ce calme silence, cette paix amortie où tout baignait étaient comme un envoûtement où se suspendait pourtant comme un présage; il y avait dans l’air une telle ivresse incantatoire que chacun des matelots silencieux semblait comme absorbé par son moi intime.

Herman Melville. 1850
Chapitre XLVII – Les nattiers

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s