La promesse de l’aube

romain-gary-jean-1.jpg

Jean Seberg

Elle avait quelque chose de douloureux et de pathétique dans le visage, ce qui renforçait l’impression que j’avais de lui accorder aide et protection, alors que c’était, au contraire, moi qui cherchais à m’accrocher à la première bouée féminine flottant sur mon chemin. Pour faire face à la vie, il m’a toujours fallu le réconfort d’une féminité à la fois vulnérable et dévouée, un peu soumise et reconnaissante, qui me donne le sentiment d’offrir alors que je prends, de soutenir alors que je m’appuie. Je me demande d’où vient ce curieux besoin. Carapacé dans ma veste de cuir, malgré la chaleur écrasante, la casquette sur l’oeil, l’air sûr de moi et virilement protecteur, je m’accrochais à sa main. Le monde qui croulait autour de nous nous lançait l’un vers l’autre à une vitesse vertigineuse, la vitesse même à laquelle il croulait.

Romain Gary
La promesse de l’aube
Gallimard. 1960

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s