Sommeils

Le soir traînait des hirondelles. Les hiboux
Partageaient le soleil et pesaient sur la terre
Comme les pas jamais lassés d’un solitaire
Plus pâle que nature et dormant tout debout.

 

Le soir traînait des armes blanches sur nos têtes.
Le courage brûlait les femmes parmi nous,
Elles pleuraient, elles criaient comme des bêtes.
Les hommes inquiets s’étaient mis à genoux.

 

Le soir, un rien, une hirondelle qui dépasse.
Un peu de vent, les feuilles qui ne tombent plus,
Un beau détail, un sortilège sans vertus
Pour un regard qui n’a jamais compris l’espace.

 

Paul Eluard
« Denise disait aux merveilles »
Capitale de la douleur
Gallimard.1926

Ce poème évoque l’atmosphère caractéristique de la période des sommeils. Par l’intermédiaire de procédés tels que l’hypnose, les futurs surréalistes explorèrent l’inconscient et découvrirent ce qu’ André Breton allait appeler « les paysages dangereux » du surréalisme.

jeunefemmeaumiroir.jpg

Jeune fille devant un miroir
Pablo Picasso, Mars 1932
Huile sur toile 162,3 x 130,2
New York, MOMA

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