Nature Writing

Sortie de quelque profonde combe, la fumée paresseuse s’élève en volutes,
Explorant l’air raidi de l’aube,
Faisant lentement connaissance du jour,
S’attardant maintenant dans sa course céleste,
En s’amusant à dessiner des guirlandes vagabondes,
Avec la même hésitation et la même lenteur
Que son maître à demi réveillé près de l’âtre,
L’esprit encore engourdi et les pensées ralenties,
Qui hésite encore à se laisser emporter par le fil continu
D’une nouvelle journée – La voilà maintenant qui se dissipe au loin,
Tandis que le fendeur de bois sort d’un pas ferme
Et l’esprit assuré pour manier la hache de bon matin.
Dans les sombres lueurs de l’aube, il envoie d’abord
En éclaireur son émissaire matinal, la fumée,
Pèlerin tardif qui émerge très tôt du toit
Pour tâter l’air glacé, en informer le jour.
Tandis que lui est toujours accroupi à côté du foyer,
Sans avoir le courage d’aller ouvrir la porte,
Celle-ci, sous l’effet d’un vent léger, est descendue dans la vallée ;
Elle a déroulé au-dessus de la plaine sa guirlande aventureuse,
Drapé la cime des arbres, musardé sur la colline,
Et réchauffé le plumage des oiseaux matinaux.
Et maintenant, d’aventure, très haut dans l’air vif,
Ayant aperçu le jour à la lisière de la terre,
Elle saisit le regard de son maître devant sa porte basse,
Comme quelque nuage resplendissant au firmament.

 

Henry D. Thoreau
Une promenade en hiver
Ed. Le mot et le reste

thoreau-DSC02084
Vallouise, 3 avril 2018

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