Liberté ? Egalité ? Fraternité ?

En quoi ces trois valeurs se complètent-elles ?

C’est peu dire qu’elles se complètent. On peut soutenir, c’est le cas pour la liberté et l’égalité, qu’elles ne sauraient exister l’une sans l’autre. Êtr libre, c’est pouvoir agir selon les buts qu’on s’est fixés et ne pas subir la contrainte. A la seule condition , toutefois, de ne pas nuire à la liberté d’autrui. C’est évidemment admettre que cet autrui jouit d’un droit égal à l’indépendance, et c’est établir une circularité entre les deux valeurs: des êtres pareillement libres sont nécessairement égaux. Qu’est-ce qu’une société, se demande Sieyès, où les hommes seraient plus ou moins libres ?
De la fraternité, en revanche, on peut dure – et on l’a beaucoup fait – qu’elle complète les deux autres. C’est qu’elle n’est pas du même ordre: pas un droit, mais un devoir, une volonté vertueuse ; un acteur d’union, quand la liberté porte en elle la dissidence. On la célèbre donc comme une conjuration de l’égoïsme contenu dans l’individualisme des droits ou comme la résolution affective des conflits qui peuvent s’élever entre la liberté et l’égalité.

Mona Ozouf

Liberté, égalité, Fraternité
Avec Cynthia Fleury, Michelle Perrot, Mona Ozouf
Entretiens avec Eric Fottorino
Ed l’Aube / Le 1. Juin 2021

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