le train se mit à rouler, mais la lune resta suspendue juste au_dessus de ma tête. Dans les tourments, elle disparaissait pour surgir à nouveau aussitôt après. Je la suivais des yeux et, quand elle restait invisible, regardais par les fenêtres les lumières des petites bourgades que le train traversait. J’imaginais la silhouette de May Kasahara, avec son bonnet de laine bleu, renrtrant seule en bus de l’usine au fond des montagnes. Je songeais à la famille quand, endormie quelque part à l’ombre des herbes. Puis je pensai à la vie vers laquelle je retournais.
_ Au revoir, May Kasahara, dis-je. Au revoir. Je prie pour qu’il y ait toujours une force qui te protège.
Je fermai les yeux, essayai de m’assoupir. Je mis trés longtemps à m’endormir. Je finis par sombrer momentanément dans un sommeil paisible, loin de ce monde, loin de tout.
Haruki Murakami
Chroniques de l’oiseau à ressort
Belfond 2014









