L’éthique des hackers

…on trouve une chose à portée de main pour laquelle l’enseignement académique ne sera d’aucun secours. Cette chose, c’était le hacking: cela semblait tellement évident que ce n’était même pas un sujet de conversation pour ceux qui gravitaient autour du TMRC* et du PDP-1. Cette activité leur semblait si gratifiante qu’on pouvait y consacrer sa vie. Un ordinateur est un objet complexe, mais beaucoup moins que les relations dans le zoo humain. A la différence des sciences sociales, l’informatique permettait de comprendre un système, et plus encore, conférait l’illusion grisante d’avoir une maîtrise totale de ce système. Il fallait bien sûr comprendre la logique profonde du système afin d’en dégager les principes qui assureraient au mieux son fonctionnement. Et, tout aussi sûrement, la connaissance du système vous amenait à accumuler un nombre de connaissances bien supérieur à celui nécessaire pour réaliser la plupart des tâches. Alors, quelqu’un comme Marvin Minsky pouvait se pointer et dire : »Voici un bras robotisé. Je le laisse à côté de la machine. » Immédiatement, rien au monde ne paraissait plus urgent que de concevoir la bonne interface entre la machine et le bras articulé, de piloter ce curieux outil et d’imaginer un système où l’engin trouverait une hypothétique utilité. Sous vos yeux, votre progéniture accédait alors à l’existence.

Steven Levy
L’étique des hackers
Ed Globe.1984

…l’ouverture, le partage, le refus de l’autorité et la nécessité d’agir par soi-même, quoi qu’il en coûte, pour sauver le monde

* Tech Mod Railroad Club

Une réflexion sur “L’éthique des hackers”

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