Le monde est clignotant
Comme sans fond. Le destin insaisissable.
Et toi, le sans-logis, tu auras beau gémir
(Gémir, comme abîme, c’est sans fond),
Le temps s’en va. Au temps nul ne s’accroche.
Les mains pas plus qu’au câble ne s’agrippent.
Seigneur, prends-moi ! Mes mais, mes deux,
Comme un courant d’air, d’étoile en étoile
Vont et viennent – pas le moindre secours !
Ni pour toi pas d’inspiration. Tout seul !
Les présents sanglotés de la solitude –
Comme des cornes roses d’avant l’aube.
L’aurore est un cri clignotant.
Vasyl Stus
Palimpsestes
Poésie et lettres du goulag
Ukraine. Trad: Gorges Nivat
Les Editions Noir sur Blanc. 2026









