Sauvagement déchaînées, les nations luttent,
enflammées par la rage de leur foi;
pour défendre leurs religions
elles sacrifient en vain le sang de leurs héros.
Il y a de grands hommes dans chaque camp
que n’endort pas le tumulte de l’époque sauvage ;
ils ordonnent fièrement et commandent, joyeux, au combat
librement animés d’une héroïque ardeur et d’une force virile.
La balance reste en équilibre,
seule jette une lueur changeante l’illusion de la victoire ;
des deux côtés il y a de valeureux généraux –
“Gustave, Adolf, Wallenstein !”
Rainer Maria Rilke
POÈMES EPARS 1 – 1884-1897
Pléiade









