Ryôkan

Et moi et les autres et le mensonge et le vrai sans nul parti pris étant éclairés d’un coup par la lune si limpide   Ryôkan (1758-1831)

JAZZ (chorus)

TROUE LES CŒURS COMME RIEN D’AUTRE CE LONG CHORUS FRÉMISSANT JE L’AI SENTI UN JOUR ÉPROUVÉ SI PROFOND SI LOIN SABLE CENDRES ARTICULES SOUS  CIEL SAPHIR RIEN D’AUTRE NON JUSTE SE GLISSER DANS LA PEAU DES PRINCES DU CHAVIREMENT TROUE LES CŒURS COMME RIEN D’AUTRE SE GLISSER PAR SIDÉRATION S’AVANCER S’ÉTENDRE PAR TOUTE LA FORCE…

moi-même

Oui, je suis moi, moi-même, tel et quel j’ai résulté de tout, Espèce d’accessoire ou de rechange spécifique, Banlieues irrégulières de mon émotion sincère, Je suis moi ici en moi, je suis moi. Tout ce que j’ai été, tout ce que je n’ai pas été, je suis tout ça. Tout ce que j’ai voulu, tout…

Paterson

Bousculées comme le sont les eaux qui gagnent la berge, ses pensées s’entrelacent, se repoussent et se recoupent, s’élèvent en évitant les rochers et les contournent mais toujours peinent plus avant — ou creusent leurs remous et tourbillonnent, guettées par une feuille ou l’écume caillée, paraissant oublier        .   Repartent plus tard à l’assaut et…

Pas de rhapsodie aujourd’hui

Pas de rhapsodie aujourd’hui. de retour de France le vent froid et 30 centimètres de neige ont détruit ma fenêtre dorée mais le souvenir a toujours été plus vivace que la vie. Le souvenir est le musée pas tout à fait vivant de nos vies. Parfois ses portes sont insupportablement grandes ouvertes, étoiles noires dans…

Davenport

Et me revoilà cette nuit à Davenport et je noie ma question dans le Mississippi … je n’entends plus le fleuve se couler dans le temps, ni la lune qui émerge de l’ombre de la terre, je vois seulement l’eau qui jamais ne se répète. C’est tellement difficile de regarder le Monde et le fond…

L’été

Despotique, pesant, incolore, l’Été, Comme un roi fainéant présidant un supplice, S’étire par l’ardeur blanche du ciel complice Et bâille. L’homme dort loin du travail quitté.  L’alouette, au matin, lasse n’a pas chanté. Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse. Où ride cet azur implacablement lisse Où le silence bout dans l’immobilité. L’âpre…

Vents

C’étaient de très grands vents sur toutes faces de ce monde. De très grands vents en liesse par le monde, qui n’avaient d’aire ni de gîte, Qui n’avaient garde ni mesure, et nous laissaient, hommes de paille, En l’an de paille sur leur erre…Ah! oui, de très grands vents sur toutes faces de vivants !…

sur une vague

Je ne suis pas vraiment enclos dans la vie aux barrières vagues, souvent je tombe, parfois, héros de l’immobile, sur une vague je reste, toute une seconde. Henri Thomas Le Monde absent Gallimard, 1944 Kim Em Joong

Midi le muet

Midi le muet L’olivier mûrit son huile ; La vigne mûrit son vin. Les fourmis transportent leurs vivres Le long d’un muret herbeux La campagne à perte de vue Tait sa joie d’être François Cheng Quand les âmes se font chant (cantos toscans) Ed Bayard, 2014   peintures: Kim En Joong