L’été

Paul-Verlaine.jpgDespotique, pesant, incolore, l’Été,
Comme un roi fainéant présidant un supplice,
S’étire par l’ardeur blanche du ciel complice
Et bâille. L’homme dort loin du travail quitté. 

L’alouette, au matin, lasse n’a pas chanté.
Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse.
Où ride cet azur implacablement lisse
Où le silence bout dans l’immobilité.

L’âpre engourdissement a gagné les cigales
Et sur leur lit étroit de pierres inégales
Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus. 

Une rotation incessante de moires lumineuses étend ses flux et ses reflux… Des guêpes, çà et là volent, jaunes et noires.

 

Paul Verlaine 
Allégorie
Jadis et Naguère. 1881

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