La timidité

La timidité n’est pas à dédaigner. On a pu la considérer comme la seule source de richesse intérieure; ce n’est pas faux. Effectivement, c’est dans ce moment de décalage entre la volonté et l’acte que les phénomènes mentaux les plus intéressants commencent à se manifester. L’homme chez qui ce décalage est absent reste proche de…

Toponymes

Je songe maintenant à ces noms propres qui sont des toponymes, à ces anthroponymes qui désignent des lieux, à ces villes qui s’appellent Athènes ou Lisbonne sous différentes latitudes, à ces personnages qui se nomment Quichotte ou Gargantua, Guermantes ou Meaulnes, je pense au Havre et à Bouville, à la route des Flandres et à…

Le paysage

J’appelle la leçon inaugurale que Gilles Clément a prononcé lors de son entrée au Collège de France en 2011, où le paysage se définit à la fois en  termes d’expérience physique et en termes de mémoire: « Le paysage, selon moi, désigne ce qui se trouve sous l’étendue de notre regard. Pour les non-voyants, il s’agit…

Brut et beau

Friche Belle de Mai. Novembre 2015 Dans l’escalier / entre les expos étagées / sur deux bouts de mur Brut et beau Parcequ’il existe ici, et pour ne pas que l’art urbain, ne (re)devienne (que) clandestin

Houellebecq remixed

« La longue corniche Kennedy » À l’Ouest de Marseille, promontoire La où le ciel se change en eau Là où le ciel se change en mémoire Tout au bord d’un monde nouveau (…) L’ouest de l’humanité entière Se retrouve sur la corniche Kennedy Sur la longue route en corniche Où l’homme vient déposer sa peine Entre les…

Le silence des pantoufles

 » Pire que le bruit de bottes, le silence des pantoufles «  Parmi les posts et phrases de comptoir qui poussent autour des résultats électoraux les plus troublants, et ce le plus ouvertement aujourd’hui avec les réseaux sociaux, celle-ci a fait du chemin. Reformulée par le suisse allemand Max Frisch à la fin des années 50,…

Lendemain d’élections

Tu te réveilles un matin Tu crois sortir de ton lit Mais tu es ailleurs Nulle part .  En fait, pas ailleurs Mais bien chez toi Tu n’en reviens pas D’une telle puanteur Bleu haineux et nuages de rancoeur Sale temps pour le soleil .  À ta fenêtre les mêmes passants Mais plus d’un sur deux…