Patients tes yeux nous attendaient

eluard_picassoUn navire dans tes yeux
Se rendait maître du vent
Tes yeux étaient le pays
Que l’on retrouve en un instant

Patients tes yeux nous attendaient

Sous les arbres des forêts
Dans la pluie dans la tourmente
Sur la neige des sommets
Entre les yeux et les jeux des enfants

Patients tes yeux nous attendaient

Ils étaient une vallée
Plus tendre qu’un seul brin d’herbe
Leur soleil donnait du poids
Aux maigres moissons humaines

Nous attendaient pour nous voir
Toujours
Car nous apportions l’amour
La jeunesse de l’amour
La sagesse de l’amour
Et l’immortalité.

.

Paul Eluard
Les sept poèmes d’amour en guerre
Au Rendez-vous allemand
Editions de Minuit. 1945

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s