Une pierre

Viens, que je te dise, à voix basse
Un enfant dont je me souviens,
Immobile comme il resta
A distance des autres vies.

 

Il n’a pas rejoint au matin
Ceux qui jouaient dans les arbres
A multiplier l’univers,
Ni couru à travers la plage
Vers plus de lumière encore.
Vois, pourtant il a continué
Son chemin au pied de la dune,
Des traces de pas en sont preuves
Entre les chardons et la mer.

 

Et près d’eux tu peux voir s’emplir
De l’eau qui double le ciel
L’empreinte des pas plus larges
D’une compagne inconnue.

 

Yves Bonnefoy
Une pierre
Ce qui fut sans lumière. 1987
Gallimard

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s