Matin

Et la chanson de l’eau
Reste chose éternelle
C’est la sève profonde
Qui mûrit les campagnes
C’est le sang des poètes
Qui laissèrent leur âme
Se perdre en les sentiers
De la Nature.

 

Quelle harmonie elle verse
En jaillissant du rocher !
Elle s’abandonne aux hommes
Avec ses douces cadences.

 

Le matin est limpide.
Et les cheminées fument.
Leurs volutes sont bras
Qui soulèvent la brume.

 

Ecoutez les poèmes
De l’eau parmi les saules,
Petits oiseaux sans ailes
Perdus entre les herbes !

 

Tous les arbres qui chantent
Se brisent, desséchés,
Et se tournent en plaines
Les montagnes sereines.
Mais la chanson de l’eau
Reste chose éternelle.

 

(…)

Matin
Frederico Garcia Lorca
7 Août 1918, Fuente Vaqueros, Grenade

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