Miroirs

Miroirs : ce qu’essentiellement vous êtes,
jamais encore on ne l’a su et dit.
Vous, comme autant d’intervalles du temps,
espaces qui ne sont que trous de crible.

Prodigues, vous, même du salon vide -,
vous profonds, le soir, comme les forêts …
Et comme un cerf, un seize-cors, le lustre
traverse votre monde impénétrable.

Vous êtes pleins quelquefois de peintures,
Certaines ont l’air d’être en vous chez elles -,
d’autres, par peur vous les avez exclues.

Mais la plus belle va rester -, jusqu’à
ce qu’à l’intérieur, là-bas, de ses joues,
comme dissous, entre le clair Narcisse.

 

Rainer Maria Rilke
Sonnets à Orphée. 1922
2° partie / III

narcisse.jpg

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