Bleu et quoi d’autre

Les oiseaux
non  pas les albatros aux “ailes de géant”
les pétrels dont les noms chanteurs vibrant
solitaires dans des ciels purs
mais les pigeons qui se rengorgent
les pinsons mendiants les moineaux
sur le sable des squares
parmi les enfants qui titubent
et les femmes au regard distant
rêveuses et toujours impatientes

Et non les frégates du grand sud
à l’empennage lissé de givre
mais les martinets des soirs de juin
sur la ville
les hirondelles en piqués vifs
sur les ruelles fermées comme des cuves
où leurs cris résonnent
mêlés aux sons mécaniques
aux bruits tranchants butés
des vies réelles

Là persistent
sous l’azur gris de cendre
tu ne sais quels rêves
de se déprendre

Jean-Marie Barnaud
Bleu et quoi d’autre
Cheyne Editeur. 2001

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s