La mort du roi Tsongor

Souba poursuivait son chemin à travers le royaume. Et ces moments d’errance qui, au début, lui faisaient peur, il apprenait à les aimer de plus en plus. Il ne se hâtait plus de rejoindre une ville ou de trouver le site d’un nouveau tombeau. Il parcourait les routes, allant d’un point à un autre dans l’indifférence du monde et cette indifférence lui faisait du bien. Il n’avait plus ni nom ni histoire. Il vivait en silence. Pour ceux qu’il croisait il n’était qu’un voyageur. Des terres nouvelles défilaient devant lui. Il se laissait bercer par le pas lent de sa mule. Heureux de n’avoir rien d’autre à faire, dans ces instants, que de contempler le monde et se laisser envahir par sa lumière.

 

Laurent Gaudé
La mort du roi Tsongor
Actes Suds. 2002
Prix Goncourt 2004

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