Miroirs

Miroirs : ce qu’essentiellement vous êtes, jamais encore on ne l’a su et dit. Vous, comme autant d’intervalles du temps, espaces qui ne sont que trous de crible. Prodigues, vous, même du salon vide -, vous profonds, le soir, comme les forêts … Et comme un cerf, un seize-cors, le lustre traverse votre monde impénétrable.…

Être ou ne pas être

Les autres sont des morts, un nombre seulement, des impersonnes qui sont nées mortes dans leur époque dont elles ne toucheront jamais le vrai moment du doigt ; de mornes effigies qui se figurent – oh ! non pas être : cela se sent – mais avoir, avoir une vie parce qu’un temps les véhicule…

Un moment d’inattention

Je n’ai pas besoin de fermer les yeux. Je reste là, et puis mon esprit est là-haut, dans ma chambre ou sur la terrasse. J’aime rire quand rien ne va, parce que rien n’est vraiment clair, rien n’est absolument obscur. Je dirais que tout est complexe et que la vérité est plus proche de l’ombre…

Continuer

Ils ont pris la belle habitude, le soir, selon l’endroit où ils se trouvent, s’il n’y a pas trop d’obstacles, si les chevaux ne sont pas trop épuisés, si le paysage s’ouvre devant eux et déroule un long tapis de terre ou d’herbe, même sèche et pauvre, caillouteuse, mais avec au-devant un replat suffisamment long…

Capacité d’émerveillement

Il y a dans la capacité d’émerveillement l’un des secrets de l’énergie vitale. Quelques rares êtres réussissent à se maintenir en perpétuel état de reconnaissance devant le cours des choses, à “tenir [leur] âme en haleine” selon Montaigne. Non pas qu’ils aient affûté leurs yeux à mieux regarder le monde ou qu’ils possèdent un prédisposition…

Steppes Kazakhes

J’avance avec l’espoir que le kilomètre suivant me réservera  une heureuse surprise. Ou que la minute d’après apportera quelque changement. Ou même que le fil d’une idée me viendra, égayant la tapisserie de mes pensées. Mais rien ne varie jamais  sous mon ciel. Le vent, la steppe, les kilomètres… Je suis piégé dans la répétition…