La vie

  Ne pas attendre que les vents nous emportent se tenir la main et ressentir le souffle que l’autre nous apporte . Patrick Simon Editions du Tanka francophone. 2015

La Courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, Un rond de danse et de douceur, Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu. Feuilles de jour et mousse de rosée, Roseaux du vent,…

L’air était carnaval

L’air était carnaval, saisissement pur. J’ai ouvert la porte grillagée et je suis sortie. J’ai senti l’herbe crépiter sous mes pieds. Je sentais la vie -un charbon ardent jeté sur un cœur de foin. Je me suis couvert la tête. Je me serais volontiers couvert les bras, le visage. Sans bouger j’ai regardé les enfants…

Trop grandes villes

Ou bien est-ce l’angoisse qui m’étreint, l’angoisse profonde des trop grandes villes, où tu m’as enfoncé jusqu’au cou ? Ah, si seulement  un homme pouvait dire toute leur inanité et toute leur horreur, aussitôt tu te lèverais, première tempête du monde, et les chasserais devant toi comme de la poussière… … Car les grandes villes,…

Quadrille

L’esprit d’un enfant est pareil à un baiser sur le front – ouvert et désintéressé. Il virevolte comme virevolte la ballerine au sommet d’un gâteau d’anniversaire avec ses étages de glaçage toxique et sucré. L’enfant, dérouté par l’ordinaire, entre sans effort dans l’étrange, jusqu’à ce que la nudité l’effraie, le confonde; là il cherche une certaine…

Patients tes yeux nous attendaient

Un navire dans tes yeux Se rendait maître du vent Tes yeux étaient le pays Que l’on retrouve en un instant Patients tes yeux nous attendaient Sous les arbres des forêts Dans la pluie dans la tourmente Sur la neige des sommets Entre les yeux et les jeux des enfants Patients tes yeux nous attendaient…

Illuminations

     Je suis le saint, en prière sur la terrasse, — comme les bêtes pacifiques paissent jusqu’à la mer de Palestine.      Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque.      Je suis le piéton de la grand’ route par…